Toujours, j’ai ce rêve brûlant

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Indien, l’été fervemment s’entête et chatoie
Et, comme le vent et comme un hymne à la joie,
De grands espoirs me viennent en longs crescendos :
Que le mauvais sort, enfin, me tourne le dos !
J’entrevois, au loin, d’une route coutumière
Les lignes sinueuses tramées de lumière
Les yeux au Ciel, à la vêprée de chaque jour,
J’attends que sonne l’heure attendrie : le retour
De celle qui, pour moi fut l’idole chérie,
Une inspiratrice, une muse, une égérie
Mon Cœur de poète fermement amoureux,
En recevant ses dons, deviendrait plus heureux
Mes chansons d’espérance, aux quatre vents semées,
Tireraient leur brio de ses lèvres aimées
Ô vieux rêve incarné ! Ô désirs un peu fous :
Que la récolte annoncée soit au rendez-vous
Et, que s’allume comme un feu à ma prunelle
La beauté magnétique d’une Ange charnelle !
Quand mes paupières, comme autour d’elle des bras,
Se ferment, le soir : elle accompagne mes pas
Mais, jamais n’interrompt le silence sublime ;
Car toujours, j’ai ce rêve brûlant, fort, ultime,
D’un esprit qui viendrait, sur mon corps déposer :
Un regard gêné, des fleurs, peut-être un baiser.

© Yannig WaTeL  23 septembre 2014

Mon rêve éveillé

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[ à Renaud M… Avec ma plus cordiale sympathie ]

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Je rencontre, à la même heure chaque jour :
Un sémillant visage, blond comme la lune,
À qui le vent sur l’incommensurable dune
Prête son souffle, ses fredons d’amour
C’est un visage fin sur un corps de déesse
Qui, pour donner au ciel un éclat sans pareil,
Mêle ses teintes douces aux ors du Soleil ;
Ô langueur exquise, ô provocante jeunesse !
En robe blanche, dès le matin commencé,
Harmonieux ensemble fait de chair féminine :
Elle sourit, prend des couleurs et s’illumine,
Se confie à la mer, seule, sans fiancé
Ô dans son calme sourire, il passe des choses
Si nobles, qu’il me monte pérennement
À l’âme, n’empruntant d’autre ornement
Que cascades de perles et diamants roses !
C’est pourquoi, rêveur éveillé, dans les embruns
Sitôt cherchant au hasard ses pas sur le sable :
De jour en jour davantage indéfinissable,
Un frisson léger affleure mes cheveux bruns
Puis m’apparaît, à la fin, la vision brève
Qui parachève l’attente, l’espoir fiévreux
Et mes égards naïfs d’éternel amoureux
Venu sur la plage y poursuivre son rêve
Je me préfigure, alors, qu’elle vient s’asseoir
Tout contre moi et : pris d’un trouble bizarre,
Mon cœur bat son plein, l’œil brille et se chamarre
Comme quand on aime, sans l’encore savoir.

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© Yannig WaTeL – 21 septembre 2014

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