Spleen : tout un ciel pleuré

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⟢⟣

Voilà octobre et pas un soir qui ne grelotte !
C’est l’été qu’on regrette – été plein de douceurs
Dont l’âme, comme l’âme d’un cher défunt, flotte
Languissamment dans l’air – parmi tant de noirceurs
Dans le feu et la glace à la fois de l’aurore :
Brasillent, çà et là, les rayons blancs et roux,
Ô petits flambeaux tremblants mais tièdes encore,
D’un automnal soleil au charme triste et doux
Quel tableau, qu’en la forêt plus fauve et moins verte :
Un grand chêne abattu que la sève a quitté,
Vide de vie autant que bâtisse déserte !
Plus rien n’habite ce vieux tronc décapité
La nature, déjà, d’un silence tranquille
À des silences lourds, semble nous programmer ;
Nous faut-il endurer les chagrins que la ville
Inflige toujours aux cœurs prompts à s’enflammer !
La pluie monotone, à nos fenêtres s’invite ;
Octobre se venge de l’été demeuré
Trop clair, trop longtemps ! Dehors, la nuit tombée vite,
Par-devers nous, a fait choir tout un ciel pleuré.
⟢⟣
© Yannig WaTeL  02 octobre 2014
⟢⟣