Mon cœur mis à nu

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À mon âme pareil, mon cœur nu est un feu ;
Mon sang y brûle et nourrit l’ardente fournaise,
Que mes larmes seules éteignent peu à peu
En ce cœur, tantôt tout flamme, tantôt tout braise,
Le sel pénètre et je goûte la douce ardeur
D’une onde, selon les heures, bonne ou mauvaise
Du dedans au dehors, il n’est plus de froideur !
Le feu l’a délivré des entraves humaines
Et le ciel est entré, dans sa claire splendeur
Autour, s’ouvrent et se ferment des mains hautaines ;
Leur contact ébauche les contours vaporeux
D’un envol d’anges portant de superbes chaînes
Car le temps est passé où mon cœur langoureux
Souffrait de l’espoir ôté, banni, solitaire !
Le mal qu’il me fait n’a plus rien de douloureux
Impavide, il flambe et dans la paix salutaire,
Ayant l’air de rêver un songe halluciné :
Il réduit en cendres l’amour ubiquitaire.
Malheur à celle qui prend mon cœur calciné !
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© Yannig WaTeL ᚒ 25 novembre 2014
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En mémoire aimante

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C‘est en mémoire aimante des clameurs joyeuses
Et des allégresses folles parties bien loin
Que, souvenance émue d’images merveilleuses
Me revient, pour une large part sans témoin
Sans témoin, je mets à nu mon cœur solitaire,
Me recueille et toujours : un regard azuré
Nitide et pur comme d’une source l’eau claire
Se dessine, en écho à ton nom murmuré
Se figurent alors les souvenirs sans nombre
De soirs où la lune opalisait son reflet :
Je revois Jeunesse et Amour, dans la pénombre
Danser, souffle contre souffle, un divin ballet
Et je revois tes yeux, obscur brasier d’étoiles
D’où tombaient des clartés, des éclats fascinants
Et des flammes, quand la nuit argentait ses voiles,
Prêtait son mystère aux tourbillons entraînants
Ô mémoire aimante, sans cesse rajeunie !
Je vous aime aussi ô mes souvenirs qu’un soir,
J’ai valsé et chanté ma tendresse infinie
Tandis que l’orage fouettait le ciel noir !
Ce soir-là, tes doigts rehaussés d’orfèvreries
Berçaient l’archet d’or d’un violon amoureux
Et ta musique m’offrait ses cajoleries ;
Ô le grand mystère : sous la pluie, être heureux !

© Yannig WaTeL 14 novembre 2014

Plus personne ne vient…

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Plus personne ne vient charmer le grand salon
Dont tu fus le mélodieux décor ubiquiste :
Le lieu est resté vide, vacant et triste ;
Jamais plus ici ne bruira ton violon !
En subsiste un écho : les notes conquérantes
Toutes de feu autrefois – de glace aujourd’hui,
Qu’a laissées dans l’espace le bonheur enfui
En cueillaison de musique et de fleurs mourantes
Ô que tout semble éloigné de mes yeux mouillés
Quand la nuit, dans son immensité glaciale,
Chasse le sommeil ; quand ton âme liliale
Plane sur mon corps et mon cœur agenouillés !
Nul ne le sait : la maison entière s’est tue ;
Un ciel clair d’étoiles et de raffinement
Certains soirs, endort la chambre enfantinement,
Qui se plait à languir, de silence vêtue
Car la maison tout entière attend ton retour
Et se mire au cristal pur d’un rêve grandiose :
Après un baiser, ô suprême apothéose,
Tu me dis tout bas des mots d’indicible amour.

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© Yannig WaTeL 03 novembre 2014

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