Plus personne ne vient…

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Plus personne ne vient charmer le grand salon
Dont tu fus le mélodieux décor ubiquiste :
Le lieu est resté vide, vacant et triste ;
Jamais plus ici ne bruira ton violon !
En subsiste un écho : les notes conquérantes
Toutes de feu autrefois – de glace aujourd’hui,
Qu’a laissées dans l’espace le bonheur enfui
En cueillaison de musique et de fleurs mourantes
Ô que tout semble éloigné de mes yeux mouillés
Quand la nuit, dans son immensité glaciale,
Chasse le sommeil ; quand ton âme liliale
Plane sur mon corps et mon cœur agenouillés !
Nul ne le sait : la maison entière s’est tue ;
Un ciel clair d’étoiles et de raffinement
Certains soirs, endort la chambre enfantinement,
Qui se plait à languir, de silence vêtue
Car la maison tout entière attend ton retour
Et se mire au cristal pur d’un rêve grandiose :
Après un baiser, ô suprême apothéose,
Tu me dis tout bas des mots d’indicible amour.

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© Yannig WaTeL 03 novembre 2014

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18 réflexions sur “Plus personne ne vient…

  1. Ne dit-ton pas que les histoires d’amour les plus tristes font les plus belles poésies ? Pour toi, le contraire est aussi vrai : tu as réalisé ton rêve qui pour toujours vivra en mélodieux souvenir dans ton coeur… car le salon peut être vide, tant que tu continueras de célébrer l’amour et ta belle muse fleurie grâce à ta plume parfaite – qui nous enchante encore et encore- ton coeur ne le sera pas…

    Douces pensées

    • Bah oui, j’en avais un peu fait le tour des tapis de feuilles mortes et de la pluie qui pianote aux vitres, alors j’ai ressorti les violons du placard et… J’ai préparé les mouchoirs ! 🙂
      Ce n’est peut-être pas si fou de croire que la poésie peut nous guérir des déceptions et en fin de compte : rendre la solitude plus supportable !
      Merci pour la visite, Emma, c’est très appréciable par les temps qui courent.
      Amitiés amicales

  2. De nouveau un très joli poème qui se termine par une note optimiste sur le retour de l’amour (ce pourrait être le même ou un nouveau, tout semble possible) et je vois que tu cultives l’optimisme, que tu gardes l’espoir ce qui est le plus sûr moyen d’avancer…J’aime beaucoup le classicisme de ta forme que d’autres trouveraient désuet mais je sais la peine (et la satisfaction) de parvenir à ce résultat très…musical. Ta vie personnelle t’inspire t’elle dans tes écrits ou l’imagination pure…

    • Merci pour la lecture attentive, Pat
      Peut-il encore y avoir de la littérature sans rêve ?
      Et… La poésie c’est pour les vieux ?
      Comme tu l’as souligné, ma préférence va à la poésie lyrique plutôt qu’à la poésie dite engagée, mais j’admets que toutes les formes d’expression peuvent cohabiter.

      • J’ai mes meilleures idées le matin au réveil…et parfois j’en cogite ce qui m’empêche de dormir…Ah! tu parlais d’autres rêves? Non bien sur le rêve est le lit de la littérature qui s’y repose et qui s’y berce et la littérature engagée particulièrement. Le tout est justement de ne pas s’endormir…Mais ne crois pas que mes propos vont contre le lyrisme…bien au contraire. Sa pureté éclaire le monde, elle est un but ultime et si difficile à atteindre que je ne peux pas critiquer celui qui y parviens. Et ton talent est incontestable…sans flatteries. Je le pense sur ce que j’ai lu et que j’ai aimé et je ne suis pas si vieux que ça…Mais je crois que l’on peut être à la fois lyrique et engagé et même plus… A bientôt Amitiés.

        • Merci pour l’intérêt que tu portes à mes écrits, Pat, tes interventions sont toujours instructives.
          Les rapports bienveillants entre auteurs apportent une sorte de sécurité fondamentale pour avancer dans la sérénité, je mesure le chemin qu’il me reste encore à parcourir… Le chemin est long !
          Comme on ne peut pas être à la fois au four et au moulin, je ne sais pas mêler harmonieusement les styles d’écriture. Tu dis : « être à la fois lyrique et engagé »… J’en vois un seul qui a réussi cet amalgame, c’est Victor Hugo !
          Merci encore pour la contribution au débat, amical salut

  3. Fermer une porte pour en ouvrir une autre. L’essentiel est d’avoir du coeur et le tien est grand. Beaucoup de chaleur ici. J’ai fait une bonne cueillaison de mots pour nourrir mes pensées.

  4. Yannig
    Le grand Montherlant affirmait: »vive qui m’abandonne il me rend à moi même ».
    Mais l’écriture est la concrétisation de l’impossibilité de se détacher complètement des êtres que l’on a aimés, le besoin
    de les retenir, de se donner des souvenirs et de préparer une éventuelle réconciliation.
    Pour un poète les ruptures et les douleurs sont une source inépuisable et obligatoire d’inspiration.
    Il ressent intrinsèquement la nécessité d’entretenir sa mélancolie pour perpétuer ses sentiments.
    C’est Musset qui avoue: »un souvenir heureux est peut être sur terre plus vrai que le bonheur »
    De son côté peut être a t’ elle écrit:
    « mon coeur est un violon dont les cordes ont craqué » ?
    Quoiqu’il en soit ton poème est superbe et va l’amener à cogiter.
    En toute amitié.
    Renaud

    • Renaud, une fois encore tu as parfaitement su démêler le fil de ma pensée !
      L’amour déteste la haine, je suis entièrement d’accord avec toi et la réparation sentimentale passe par l’application à la manière d’un baume nourrissant, de bons souvenirs encore chauds, cela rééquilibre l’être et régénère l’esprit.
      Merci pour le commentaire avisé et comme à ton habitude, formidablement étayé, c’est apprécié.
      Ton allégorie du violon démantibulé m’a déposé sur les lèvres un interminable sourire !
      Mon plus amical salut

  5. Je suis revenue vers ce texte apaisant en fait pour ceux ou celles dont l’etre aimé les a quittés..en accord avec Renaud et sa vision des choses. J’aime beaucoup voire plus encore ton poeme.

  6. « Jamais plus ici ne bruira ton violon ! » Yannig, ta muse t’inspire de jolies notes nostalgiques drapées d’une poésie au charme fou. Mais n’oublie pas que te temps passe alors… si tu installais un piano chez toi ? Peut-être qu’une princesse aux doigts de fée s’y installerait 🙂
    Mais laisse-moi te féliciter pour la technique appliquée à ce texte, tes efforts sont visibles et louables à chacun de tes poèmes et j’en suis ravie. Ta plume prend une ampleur mélodieuse au service de l’émotion ce qui donne au lecteur un plaisir décuplé.
    Bien amicalement bisous.
    Hélène

    • Merci beaucoup Hélène, je prends bonne note de tes réflexions
      Moi qui tombe en pâmoison devant les sonorités cristallines de la harpe, j’ai toujours en tête le crincrin de ce violon qui crincrinne ! 😉 Bon, je m’autorise encore une « dernière danse »… Tu comprendras ce soir 😉 et après c’en sera fini de cette envahissante nostalgie sur les crissements du crin de cheval sur des boyaux de chat ! Je déblaye les ruines du passé et je repars sur des bases solides 🙂
      Un peu de musique en accompagnement, pour se mettre dans l’ambiance :

      Chaleureuses bibises

  7. C’est le cœur gonflé sans cesse de larmes et de beauté qui donne les plus belles poésies.Ame sensible, solitaire écorché, laissez vibrer vos cordes avec celles de la harpe pour que nos yeux n’en finissent pas de vous lire-amicalement mireille

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