En mémoire aimante

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C‘est en mémoire aimante des clameurs joyeuses
Et des allégresses folles parties bien loin
Que, souvenance émue d’images merveilleuses
Me revient, pour une large part sans témoin
Sans témoin, je mets à nu mon cœur solitaire,
Me recueille et toujours : un regard azuré
Nitide et pur comme d’une source l’eau claire
Se dessine, en écho à ton nom murmuré
Se figurent alors les souvenirs sans nombre
De soirs où la lune opalisait son reflet :
Je revois Jeunesse et Amour, dans la pénombre
Danser, souffle contre souffle, un divin ballet
Et je revois tes yeux, obscur brasier d’étoiles
D’où tombaient des clartés, des éclats fascinants
Et des flammes, quand la nuit argentait ses voiles,
Prêtait son mystère aux tourbillons entraînants
Ô mémoire aimante, sans cesse rajeunie !
Je vous aime aussi ô mes souvenirs qu’un soir,
J’ai valsé et chanté ma tendresse infinie
Tandis que l’orage fouettait le ciel noir !
Ce soir-là, tes doigts rehaussés d’orfèvreries
Berçaient l’archet d’or d’un violon amoureux
Et ta musique m’offrait ses cajoleries ;
Ô le grand mystère : sous la pluie, être heureux !

© Yannig WaTeL 14 novembre 2014