Mon cœur mis à nu

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À mon âme pareil, mon cœur nu est un feu ;
Mon sang y brûle et nourrit l’ardente fournaise,
Que mes larmes seules éteignent peu à peu
En ce cœur, tantôt tout flamme, tantôt tout braise,
Le sel pénètre et je goûte la douce ardeur
D’une onde, selon les heures, bonne ou mauvaise
Du dedans au dehors, il n’est plus de froideur !
Le feu l’a délivré des entraves humaines
Et le ciel est entré, dans sa claire splendeur
Autour, s’ouvrent et se ferment des mains hautaines ;
Leur contact ébauche les contours vaporeux
D’un envol d’anges portant de superbes chaînes
Car le temps est passé où mon cœur langoureux
Souffrait de l’espoir ôté, banni, solitaire !
Le mal qu’il me fait n’a plus rien de douloureux
Impavide, il flambe et dans la paix salutaire,
Ayant l’air de rêver un songe halluciné :
Il réduit en cendres l’amour ubiquitaire.
Malheur à celle qui prend mon cœur calciné !
.ዹ.
© Yannig WaTeL ᚒ 25 novembre 2014
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17 réflexions sur “Mon cœur mis à nu

  1. C’est un bel exercice de style que tu réalises: où le vers solitaire (hé hé) se reprend…qui s’accorde donc au contenu puisque cette solitude se transforme en paix de l’âme…avec malgré tout cette menace finale qui laisse entrevoir un sentiment moins bien vécu qu’il n’y parait de prime abord. J’ai adoré lire.

    • Salut Pat
      Oui, je me suis bien amusé à composer ce terza-rima, qui n’était à l’origine qu’un simple monostiche :
      « Mon cœur est un feu ; mes larmes seules l’éteignent. »
      Puis, j’ai eu un éclair de lucidité, je me suis dit que ça faisait un peu prétentieux de publier un poème d’un seul vers (un vers solitaire, donc) 😉 alors je me suis trituré les méninges et ça a donné en fin de compte ce « cœur mis à nu » !

      J’ai d’autres anecdotes concernant la genèse de ce poème, mais je les dévoilerai au fur et à mesure des avis déposés. 🙂
      Merci pour la lecture attentive, tu as bien capté l’ambiance et j’apprécie l’interprétation que tu en fais.

  2. Tel le phoenix, tu t’es laissé consumer sous l’effet d’une ardente chaleur… peut-être est-ce la conséquence d’un amour passionné qui a brûlé ainsi ton coeur… Mais ces amours-là sont les meilleures car elles marquent à tout jamais… Tu vas renaitre de tes cendres et conserver malgré tout ce feu qui est en toi : ce sera un bienfait et non un malheur…
    Je tiens également à souligner la forme même du poème, très intéressante et qui met parfaitement en valeur chaque vers (notamment le dernier) et la profondeur et l’intensité du sujet…

    Bises

    • Merci 1 000 fois Emma,
      Je trouve ton interprétation extrêmement intéressante, si l’on considère que le Phénix, outre le symbole de la renaissance éternelle, détiendrait des pouvoirs surnaturels :
      – son chant ranimerait le courage de l’homme au coeur pur et sèmerait la panique chez celui qui a de mauvaises intentions
      – une goutte de son sang permettrait à celui qui la boit d’obtenir l’immortalité
      – ses larmes guériraient n’importe quelle blessure ou maladie.

      Tu as parfaitement dénoué le fil du mystère, bravo ! 😉
      Amicales pensées

    • Merci encore, Lise, pour cet autre regard sur mon poème. J’apprécie d’autant plus ton commentaire, qu’il reflète ce que j’ai voulu faire passer : un « voyage au coeur de la passion » !
      Amicales pensées

  3. Yannig
    Il y a, dans ce poème aussi beau en la forme qu’en profondeur, des mouvements de balancier entre enfer et paradis, malheur et bonheur,
    soumission et affranchissement , haine et amour le tout baignant dans l’ omniprésence de la symbolique du feu.
    Je perçois tout d’abord ce symbole dans la purification exprimée.
    Je ressens ensuite ce symbole dans la Justice transcendante sous-jacente.
    Je constate enfin ce symbole dans l’érotisme mortifère caché et latent.
    Dans l’Énéide la passion que Didon avait pour Énée la consumait de l’intérieur.
    Chez toi tout est métaphorique, passionné, affectif,
    Le feu couve sous la cendre !
    En toute amitié.
    Renaud

    • Renaud, je suis soufflé par l’éclairage que tu donnes à mon poème, j’avais justement pris soin de mettre le maximum de détachement, de veiller à un certain équilibre des forces, tu auras certainement noté la présence d’oxymores :
      douce ardeur ; superbes chaînes ; Le mal qu’il me fait n’a plus rien de douloureux.
      Merci pour cette lecture consciencieuse et minutieuse, c’est un réel grand plaisir que de prendre connaissance de l’interprétation méthodique que tu fais de ce poème, de voir ton imagination faire son chemin.
      S’immoler par le feu, plutôt que de subir un mariage forcé : voilà le summum du romantisme jusqu’au-boutiste ! Je n’y avais pas pensé.
      Mon plus amical salut

  4. Tu as « commis » un excellent terza-rima publié de surcroît le 25 novembre, alors je le prends à l’insu de ton plein gré comme cadeau d’anniversaire avec un grand sourire et un gros bisou 🙂
    Hélène

    • Ah mais ma très chère Hélène,
      Je ne voulais pas attendre Noël pour te faire plaisir 🙂 je me devais, même avec un peu,
      beaucoup, énormément de retard… Te souhaiter un joyeux anniversaire !
      En vérité, j’avais des doutes sur la réelle valeur poétique de mon terza-rima, mais si tu le trouves « excellent »… Tu as sûrement raison ! 😉
      Chaleureuses bibises

  5. Magnifique poème. L’embrasement des vers se fait progressivement. J’apprécie beaucoup le jeu entre la souffrance et le bonheur de vivre/exister à travers la douleur… La chute ironique qui porte un avertissement mais qui finalement est là pour porter un appel au secours à « celle » qui saura couvrir de cendre le cœur en braise, afin de l’apaiser…Ou bien un appel de partage pour une commune extinction dans l’ardent brasier !

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