L’une s’en va, une autre vient

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Deux-Mille-Quinze sonne à la porte ;
Tant-mieux, quelqu’un lui répond !
Voyons un peu ce qu’elle nous apporte,
Espérons qu’elle aura le cœur bon :
« Que bonheur et joie nous inonde
Puis, sur la misère un trait tiré ;
Justice et paix enfin dans le Monde » ?
Tempérez donc cet optimisme démesuré !
Soit ! À chaque St-Sylvestre, c’est l’usage
D’accueillir avec ferveur le changement ;
Jour de l’An venu, c’est un autre visage
Et pourtant rien ne change, finalement !
Mais on peut rêver, croire en l’impossible !
Commençons par prendre la vie du bon côté :
Déplaçons les montagnes ; rendons accessible
La réussite et faisons preuve de bonté !
Ah ! En période de crise, des étrennes ?
Au diable coutumes, us et traditions !
Plus précieux seront : les vœux pérennes,
Les sincères et franches résolutions
À vous tous donc, avant que la fête commence,
Je m’en voudrais de n’avoir souhaité
Après le réveillon copieux et l’opulence :
Une heureuse année et une bonne santé.
© Yannig WaTeL – 31 décembre 2014
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Grand silence blanc

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Le crépuscule était clair : l’orbe de la lune
Festonnait, par endroits, de reflets mordorés
Les sapins neigeux et les saules éplorés ;
Un grand silence blanc habillait la nuit brune,
Sitôt les frimas et le givre évaporés
La grisaille ennemie s’en allait, dissipée !
Et le ciel déroulait pour la terre un tapis ;
La plaine, de flocons tout entière jaspée
Semblait, sortie d’un muet sommeil et drapée,
Porter la lumière à des cygnes assoupis
À lents pas de loup, majestueux et féerique,
Un frisson d’extase passait furtivement
Et tout l’Univers cadençait son mouvement
Au rythme d’un orchestre à peine allégorique
Au tumulte du jour, succédait la douceur :
Douceur d’ambre, d’opale et de vieil ivoire
Constellée de nacre et de chatoyante moire ;
Décembre avait, ce soir-là, une âme et un cœur.

© Yannig WaTeL 19 décembre 2014

L’éternité dans un baiser

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C‘était au premier jour d’une idylle naissante ;
Une œillade lancée, par le plus pur hasard
Vers la fixité bleue ardoisée d’un regard,
Couronnait mon front de son onde caressante
Fut-ce un présage heureux ? Le charme, s’exerçant,
Tisonnait ardemment une douce étincelle ;
Le Destin l’a voulu, dans son art il excelle !
Ce fut le premier soir d’un amour commençant
Des limbes insondés m’entrouvraient leurs mystères :
Nudités de cœur, d’âme et de chair, ô plaisir
Que mes yeux polissons s’amusaient à saisir,
Jusqu’à former eux-mêmes de brûlants cratères !
Nous étions seuls au monde et nul autre que nous
Ne savait ô combien une bouche charnue
Transporte et accroît l’éternité contenue
Dans nos bras enlacés tout autour de nos cous
Jamais, je n’ai vécu nuit plus folle, plus belle !
Comme un diadème, comme un fervent flambeau
Son souvenir brille, éblouissant, clair et beau ;
Malgré l’Amour parti, chaque instant me rappelle
Le parfum qu’a laissé sur la mienne, sa peau.
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© Yannig WaTeL ౼ 08 décembre 2014
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À ma jeunesse finissante

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Qu’as-tu fait, dis-moi donc ô mon humble visage,
De tes beaux traits fins et de ton regard joyeux ?
Voilà, traduit en mots, le tacite message
Qu’envoie le traître miroir à mes yeux
Jeunesse consumée, nous voici face à face ;
Revenez, revenez, fantômes chevelus,
Prendre à témoin le reflet trouble dans la glace
De mes quarante-cinq ans révolus !
Jeunesse finissante et trop vite passée ;
Que de bons souvenirs ! Que de regrets aussi,
Tu me donnes ! N’es-tu pas encore lassée ?
Jeunesse finissante et trop vite passée ;
Tu me déconcertes, mais c’est ainsi !
Parce qu’il est loin le temps – tu me le rappelles
Incessamment – où je consommais sans détour,
De mes années folles, insouciantes et belles :
Chaque instant, brûlant du feu de l’amour
Ces jours s’en vont et la langueur en moi persiste ;
Pourquoi faut-il que jeunesse passe et pourquoi
La peur de vieillir, se propageant, me rend triste
Et captif d’un magnificent effroi ?
J’ai beau m’abstraire, m’exercer à l’alchimie :
Plus qu’il ne le faut, tout seul je vais demeurer
Mais, cela t’est bien égal, vieillesse ennemie,
Que je pleure ; alors laisse-moi pleurer !
-ጆ-
© Yannig WaTeL  02 décembre 2014
-ጆ-