À ma jeunesse finissante

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Qu’as-tu fait, dis-moi donc ô mon humble visage,
De tes beaux traits fins et de ton regard joyeux ?
Voilà, traduit en mots, le tacite message
Qu’envoie le traître miroir à mes yeux
Jeunesse consumée, nous voici face à face ;
Revenez, revenez, fantômes chevelus,
Prendre à témoin le reflet trouble dans la glace
De mes quarante-cinq ans révolus !
Jeunesse finissante et trop vite passée ;
Que de bons souvenirs ! Que de regrets aussi,
Tu me donnes ! N’es-tu pas encore lassée ?
Jeunesse finissante et trop vite passée ;
Tu me déconcertes, mais c’est ainsi !
Parce qu’il est loin le temps – tu me le rappelles
Incessamment – où je consommais sans détour,
De mes années folles, insouciantes et belles :
Chaque instant, brûlant du feu de l’amour
Ces jours s’en vont et la langueur en moi persiste ;
Pourquoi faut-il que jeunesse passe et pourquoi
La peur de vieillir, se propageant, me rend triste
Et captif d’un magnificent effroi ?
J’ai beau m’abstraire, m’exercer à l’alchimie :
Plus qu’il ne le faut, tout seul je vais demeurer
Mais, cela t’est bien égal, vieillesse ennemie,
Que je pleure ; alors laisse-moi pleurer !
-ጆ-
© Yannig WaTeL  02 décembre 2014
-ጆ-