À ma jeunesse finissante

852154-ጆ-
Qu’as-tu fait, dis-moi donc ô mon humble visage,
De tes beaux traits fins et de ton regard joyeux ?
Voilà, traduit en mots, le tacite message
Qu’envoie le traître miroir à mes yeux
Jeunesse consumée, nous voici face à face ;
Revenez, revenez, fantômes chevelus,
Prendre à témoin le reflet trouble dans la glace
De mes quarante-cinq ans révolus !
Jeunesse finissante et trop vite passée ;
Que de bons souvenirs ! Que de regrets aussi,
Tu me donnes ! N’es-tu pas encore lassée ?
Jeunesse finissante et trop vite passée ;
Tu me déconcertes, mais c’est ainsi !
Parce qu’il est loin le temps – tu me le rappelles
Incessamment – où je consommais sans détour,
De mes années folles, insouciantes et belles :
Chaque instant, brûlant du feu de l’amour
Ces jours s’en vont et la langueur en moi persiste ;
Pourquoi faut-il que jeunesse passe et pourquoi
La peur de vieillir, se propageant, me rend triste
Et captif d’un magnificent effroi ?
J’ai beau m’abstraire, m’exercer à l’alchimie :
Plus qu’il ne le faut, tout seul je vais demeurer
Mais, cela t’est bien égal, vieillesse ennemie,
Que je pleure ; alors laisse-moi pleurer !
-ጆ-
© Yannig WaTeL  02 décembre 2014
-ጆ-

20 réflexions sur “À ma jeunesse finissante

  1. Oh là là ! Je vais t’offrir un miroir neuf….tu sais ceux qui font les traits fins, qui n’ont pas de fissures pour faire croire à des rides et assez de tain pour voir la peau fraîche, assez de lumière pour voir les cheveux briller et l’éclat de la jeunesse dans les yeux.
    Bisous bisous
    Hélène

    • Oui, offre-moi un miroir imparfait qui conviendrait à ma beauté imparfaite, un miroir qui ne réfléchirait que la moitié de mon visage ! 😛
      Merci pour ce regard amical porté sur mes angoisses de vieillard commençant, Hélène, c’est réconfortant à souhait !
      Bien sûr, tu as compris que j’ai un peu exagéré, que j’ai ouvert à fond les vannes à sanglots, alors qu’en vérité, j’entretiens encore des rapports de franche cordialité avec mon reflet… Pourvu que ça dure !
      Chaleureuses bibises

  2. Je vois que le temps commence aussi à vous titiller. Quoi de plus normal qu’à votre très jeune vieillesse ,😁 vous regardiez par dessus votre épaule pour mesurer le chemin parcouru et jauger de celui qui reste à utiliser le mieux possible.
    Mieux. Vaut supprimer tous les miroirs 😉

  3. Le plus beau des miroirs, est le reflet dans les yeux de celui qui vous offre son sourire. La vieillesse est amie si nous savons l’apprivoiser, la rendre bonne enfant pour jamais ne tarisse l’enthousiasme de la jeunesse. Le but, c’est de croire que la fin n’existe pas. Quand se ferme une porte, s’ouvre une nouvelle. Certes, les larmes de nostalgies sont réelles et légitimes. Laissons les couler, pour pouvoir reprendre la vie de plus belle 🙂

    • Merci infiniment Mary, pour cette réflexion bien à propos. J’aimerais détenir à ce point l’art d’accepter une situation dramatique et d’y puiser du bonheur, connaître cette sagesse face à l’inquiétude pour l’avenir, qui nous envahit si souvent… Devant le miroir.
      Amicales salutations

  4. C’est un sujet qui me hante aussi. Alors que j’use et abuse de crèmes anti rides et autres fadaises sans résultat, le temps creuse ses sillons !! Mais, l’intérieur est encore vivace et bien sûr, il faut regarder par là, la lumière.
    ( j’ai quelques années de plus, ..et une fille toute jeune de 23 ans qui m’aide à rester jeune… lol)

    • Merci de tout cœur, pour ton intervention pleine de saveur et de bon esprit, Lise, j’apprécie.
      Un conseil : tu peux bannir tous ces produits cosmétiques, dont les effets sont dérisoires et les bénéfices ridiculement bas (sauf pour les industriels qui les commercialisent ; je préfère éviter de parler des tests en laboratoire, ça va m’énerver…)
      Par contre, tu peux user et abuser quotidiennement des aliments naturellement riches en antioxydants, qui vont s’attaquer aux radicaux libres (c’est pas le nom d’un parti politique, rassure-toi) tels que :
      les fruits rouges, la grenade, le citron, le cranberry, la baie d’açaï, l’acerola, la pomme (surtout la granny smith), les fruits secs (noix, noisette), la carotte, la betterave, l’artichaut.
      Ceci dit, tu me fais penser à l’adage qui dit qu’un homme aura toujours l’âge de la femme qu’il aime… Heu 23 ans, ça m’intéresse ! 🙂
      Non, je te taquine ! 😉 LoL
      Amicales pensées

  5. Oui, le Temps passe et laisse des marques plus ou moins visibles… mais ce qui rassure un peu, c’est de se dire que finalement, tout le monde passe par là 😉 Ce qui est important c’est de conserver la jeunesse et la joie de vivre en son coeur et si en plus, on ne reste pas seul pour affronter l’inéluctable vieillesse, alors c’est encore mieux 🙂
    Bises

    • Merci pour le commentaire, Emma, fort bien argumenté comme toujours.
      Heureusement, la vieillesse n’est pas une maladie honteuse et il existe des moyens de lutter efficacement contre le dépérissement. De nos jours, on ne meurt plus de vieillesse à 45 ans comme ce le fut il y a des siècles ! Pour la solitude non comblée qui en résulte, c’est plus compliqué parfois… effectivement !
      Comme disait Charles-Augustin Sainte-Beuve (1804-1869) – un critique littéraire et écrivain dont je partage la ville natale :
      « vieillir est encore le seul moyen qu’on ait trouvé de vivre longtemps » !
      Amitiés amicales

  6. L’âme est encore jeune du temps qui ne s’écoule pas, qui cristallise une vérité bien antécédente au corps. Car le corps est un navire qui cache un Trésor Caché. Puissions-nous le découvrir et le mener à bon port.

    Merci beaucoup.

  7. Le temps s’enfuit et le miroir est implacable…vous regardez le nombre d’années, rien de plus mortel de faire un arrêt sur images sur notre âge…. l’avenir, qu’en savons nous? alors Vivre l’instant présent….et me direz vous , ma solitude….qui s’accroche…..oui, pour l’instant et elle vous permet d’être ce que vous êtes: un être conscient , authentique et poète;gardez le cœur ouvert pour accueillir l’inconnue « Puis se répandra comme un miel onctueux, le mystique frisson du cœur enfin pacifié qui a cessé d’attendre. » (sic).. Merci Yannig pour la beauté de vos poèmes qui sont le miroir de votre âme.amitiés mireille

    • Rassurez-vous, Mireille, l’esprit du souvenir pleure en paix dans ce lieu !
      Dans ma vie heureuse, le temps passe avec lenteur… Les rides s’installent avec douceur.
      Merci pour ce regard tout en compassion, vos mots touchants et attentionnés me vont droit au cœur.
      Sincères salutations

  8. coucou Yannig,

    Je passe te voir un peu et je lis ce poème sur la vieillesse… (0 !) j’aime comme tu la tournes en dérision appuyée (LoL)
    je te fais des bisous d’amitié

    Marel

    • Ci hè un pezzu, Emma !

      Tu as parfaitement résumé la situation, « dérision »c’est exactement le terme ! Une dérision toute cornélienne, façon :
      « Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie !
      N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? »

      Merci pour la très bonne surprise, j’apprécie fortement.
      Affàccati qualchi volta,
      Bacci

  9. un très beau poème que j aime
    nous ne sommes pas vieux
    la jeunesse reste éternelle chez celui ou celle qui le veut
    c’est un homme «  »vrai » » qui écrit ici
    j’ adore vos poésies
    je reviendrai c est sur

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