Plus haut que le ciel

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J‘ai rêvé encore que, par un soir mystique :
Mon âme siamoise, ma sœur d’élection
Mêlant à l’or fluide un grand thème classique,
Changeait – sans y penser – en divine musique
Les mesures et signes d’une partition
Déployées comme des millions d’ailes, les notes
Que portait plus haut que le ciel son violon,
Moiraient les murmures doux et longs du salon ;
Vivaldi, Brahms, Mozart et Bach étaient nos hôtes !
On eût dit que, sortis d’un sommeil surhumain,
Un chaînon doré liant leurs doigts de lumière :
La Musique et l’Amour se tenaient par la main
Et qu’en la paix de l’Éden, pour la fois première,
Plus haut que le ciel, en fiançaille éphémère :
Un beau geste, un mot tendre, avaient un lendemain.

© Yannig WaTeL  18 janvier 2015

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Joï

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Le charme oscillait, platoniquement :
Juste effleurée, la moitié de moi-même
Tendait ses bras vers le rêve suprême
De l’aimer et l’aimer uniquement
Comme si, des siècles : le dix-huitième
Sans être importun mais, secrètement,
Tissait une trame d’enchantement ;
Parmi les cieux, nous vivions au septième
Nos pensées prenaient le même chemin,
Un peu de mon cœur vibrant dans sa main ;
Et je m’attachais un peu plus à elle
Je rêvais, mon corps mitoyen du sien :
Violon, j’étais ! Elle, archet magicien !
Un désir flottait, de vie éternelle.

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© Yannig WaTeL  10 janvier 2015
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Myriades

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« … Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine. »
[ Guillaume Apollinaire ]

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Toujours, j’aurai au cœur ces images lointaines
En myriades multipliées par centaines,
Où tel un printemps blanc : l’amour d’elle était fou !
Les beaux jours fluaient, clairs comme l’eau des fontaines
Et le bonheur nous venait, on ne savait d’où
Son regard azur, aussi vrai qu’il m’en souvienne,
Vivant miroir semblant bleu des reflets du ciel :
Prolongeait sans fin une tendresse ancienne
D’or sentimental, de braise ardente et de miel
Et nos serments émus ? Ma mémoire en est pleine !
  S’y forge l’unique, l’immortel souvenir :
Que toujours nous venait la joie ; jamais la peine
Et s’y perpétue l’espoir, que vont s’infinir
Là-haut, dans d’autres sphères pour nos vies prochaines :
Nos cœurs, heureux enfin d’avoir aimé, sans chaînes.
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© Yannig WaTeL – 05 janvier 2015
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