Des adieux

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Un bruit cadencé résonne ; mon Cœur se noue :
De vivre, mon Amour s’est arrêté. Mort-né !
C’est son petit cercueil blanc qu’à la hâte, on cloue
– De la croix que je portais, simplement orné –
Ô la grande âme éparse, éternellement tendre,
N’a-t-elle pas l’Amour, pour domaine chéri ?
Pleurant mon Cœur défunt, je commence à comprendre
Que son dernier souffle suivrait son premier cri
Et le deuil de moi-même coule sur ma joue ;
Deuil d’un Cœur accablé, seul et triste à mourir
Qui, prisonnier d’un karma, de sa grande Roue :
Cherchait plus riche terreau, pour y refleurir
Qu’il repose, apaisé, dans la dive Lumière !
Lys à peine cueilli, déjà se défeuillant
– Redevenu poussière ; sitôt né poussière –
A trouvé sur sa route un Archange accueillant
À présent qu’il est au seuil des métempsycoses :
Puisse le coup fatal, à lui-même donné,
En abolir à jamais les effets, les causes !
Toujours est grande faute, un amour passionné.
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© Yannig WaTeL 28 février 2015
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J’aime en secret et souffre en silence

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J‘aime en secret ; elle-même l’ignore :
Une citoyenne d’un pays étranger
Qui rend mes songes lourds et mon sommeil léger ;
(Un sommeil, malgré moi, toujours sonore) !
C’est un minois à l’ovale charmant,
Un teint de porcelaine, une allure de cygne ;
C’est la Grâce incarnée – qui parfois me fait signe –
Que je crois entrevoir en m’endormant
Elle est beauté de corps et bonté d’âme
Qui va, répandant sur tout, son rire vainqueur
Et ses baisers ! Moi, las je m’épuise en langueur,
Cherchant pour mon cœur un baume, un dictame !
Et quand la peine prend visage humain :
Des larmes que mes yeux contiennent encore,
– Fleur de volupté douce, cueillie à l’aurore –
Elle fait un miel pour le lendemain
C’est elle pourtant, voix de confidence,
Qui renouvelle, chaque jour, mon doux courroux !
Mais, est-ce vraiment aimer que d’être jaloux ?
La douleur se tait ; je souffre en silence.

© Yannig WaTeL 23 février 2015
 

Quatorze février

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À celles et ceux qui n’aimeront jamais plus
Et dont le cœur, vierge de toute tendresse,
Avec monotonie dévide sa détresse
Quotidienne ! Vous les orphelins, les exclus
Ô vous qui laissez les heures longues se suivre
Et se ressembler – sans que jamais le bonheur,
Conjugal, ne pose sur vous quelque lueur ;
Après tant d’élégies et trop d’ennui de vivre
Ô veuves et veufs d’abandon que la vie fait !
Vous qui m’êtes frères et sœurs de solitude,
De moi vers vous, je sais : cette similitude
Nous vient de n’avoir rêvé qu’à l’amour parfait !
Je suis, moi aussi, une âme qui n’est qu’en peine,
Un grand oiseau égaré dans un ciel lointain ;
Fidèle miroir, désormais nu et sans tain
Des étoiles mourantes dont votre âme est pleine
Nos yeux abîmés pleurent les mêmes douleurs
D’être – comme en convalescence – seuls au monde
Et nous partageons, quand la bonne graine abonde :
Nos larges moissons, de chardons plus que de fleurs.
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© Yannig WaTeL 14 février 2015
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Moissons de lumière

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Voici que, d’une marche lente et régulière,
Le firmament, ce soir, champ céleste qui luit
Fleurdelyse le cœur bleuissant de la nuit
En des poudroiements d’or fin, d’ambre et de lumière
Et nous voyons en esprit, des palais hautains
– D’un style plus pur que dans les contes féeriques –
Où des Séraphins, pérégrins allégoriques,
Nous parlent en rêve de voyages lointains
Car tout un peuple de créatures ailées
– Aussitôt que la Lune a formé son croissant –
Nous visite, de son plein pouvoir jouissant
;

Et des frissons nous viennent, d’âmes constellées
De l’espace inconnu, répondant à l’appel :
Nous prenons pour escorte Tritons et Naïades
Puis appareillons, partant devers les Pléiades ;
Et voilà qu’en perles s’égrène, un archipel.

© Yannig WaTeL  07 février 2015