Quatorze février

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À celles et ceux qui n’aimeront jamais plus
Et dont le cœur, vierge de toute tendresse,
Avec monotonie dévide sa détresse
Quotidienne ! Vous les orphelins, les exclus
Ô vous qui laissez les heures longues se suivre
Et se ressembler – sans que jamais le bonheur,
Conjugal, ne pose sur vous quelque lueur ;
Après tant d’élégies et trop d’ennui de vivre
Ô veuves et veufs d’abandon que la vie fait !
Vous qui m’êtes frères et sœurs de solitude,
De moi vers vous, je sais : cette similitude
Nous vient de n’avoir rêvé qu’à l’amour parfait !
Je suis, moi aussi, une âme qui n’est qu’en peine,
Un grand oiseau égaré dans un ciel lointain ;
Fidèle miroir, désormais nu et sans tain
Des étoiles mourantes dont votre âme est pleine
Nos yeux abîmés pleurent les mêmes douleurs
D’être – comme en convalescence – seuls au monde
Et nous partageons, quand la bonne graine abonde :
Nos larges moissons, de chardons plus que de fleurs.
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© Yannig WaTeL 14 février 2015
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