Quatorze février

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À celles et ceux qui n’aimeront jamais plus
Et dont le cœur, vierge de toute tendresse,
Avec monotonie dévide sa détresse
Quotidienne ! Vous les orphelins, les exclus
Ô vous qui laissez les heures longues se suivre
Et se ressembler – sans que jamais le bonheur,
Conjugal, ne pose sur vous quelque lueur ;
Après tant d’élégies et trop d’ennui de vivre
Ô veuves et veufs d’abandon que la vie fait !
Vous qui m’êtes frères et sœurs de solitude,
De moi vers vous, je sais : cette similitude
Nous vient de n’avoir rêvé qu’à l’amour parfait !
Je suis, moi aussi, une âme qui n’est qu’en peine,
Un grand oiseau égaré dans un ciel lointain ;
Fidèle miroir, désormais nu et sans tain
Des étoiles mourantes dont votre âme est pleine
Nos yeux abîmés pleurent les mêmes douleurs
D’être – comme en convalescence – seuls au monde
Et nous partageons, quand la bonne graine abonde :
Nos larges moissons, de chardons plus que de fleurs.
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© Yannig WaTeL 14 février 2015
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22 réflexions sur “Quatorze février

  1. « La vie au coin de la rue leur sourira,
    sous les traits d’un visage rayonnant
    aux yeux bleus ciel d’azur.
    ce bonheur de vivre réinventé
    donnera de l’espoir aux déçus de la vie,
    aux esseulés de l’amour.
    Ils se prendront aussi en main
    et se laisseront aborder à nouveau !
    L’amour nous attend à chaque instant
    dans chaque être rencontré . »
    Un extrait de ma St Valentin.
    Se laisser désirer, mais savoir que l’être parfait(que j’attends aussi) n’existe pas.
    Alors, au coin de la rue, quelqu’un qui ne te connait pas…et Hop!
    bises mireille

    • Oui, c’est courir le risque de manquer ce qu’il y a de meilleur dans la vie que de croire qu’on peut vivre sans amour…
      Merci pour le commentaire étayé, Mireille, j’en prends bonne note.
      Amicales pensées

  2. J’aime beaucoup cette façon si particulière que tu as de fêter la St Valentin 🙂 et toujours avec une plume si élégante dont le style n’appartient qu’à toi…
    Au fond, on n’est jamais vraiment seul(e), on croit l’être simplement parce qu’on veut et on attend autre chose sans se rendre compte que, bien souvent, cet « autre chose », on l’a déjà…
    En effet, c’est un leurre que de s’imaginer que l’on peut vivre sans amour…

    Bises

  3. Pas étonnant que l’Adour déborde ! Yannig tu fais pleurer tout le ciel du nord-est au sud-ouest 🙂 ,,,,À ne rêver que de ta muse tu en oublies les papillonnes qui butinent les chardons de ton jardin. . Si si, il y en a mais tu ne les regardes pas ! Mais cela fait des décennies (rire) que je te le dis. Bon, je te taquine un peu mais je trouve ton poème très auto-critique et tu soulignes :
    « De moi vers vous, je sais : cette similitude
    Nous vient de n’avoir rêvé qu’à l’amour parfait ! »
    Parfois l’amour « presque parfait » est très satisfaisant 🙂
    Pour l’écriture et la fluidité je te dis bravo ! ça coule et la rime est plaisante.
    Je te laisse là, certaine que tu n’as pas eu le temps de répondre à tous les sms que tu as reçus depuis hier.

    Bisous

    • Hé oui, Hélène, peut-être que l’essentiel de ce poème se situe entre les lignes et qu’il n’est pas visible pour les yeux (ou lisible avec les yeux) en fait !
      D’être fabuleusement heureux, mais de laisser supposer le contraire… Je crois qu’on peut classer cette forme d’ironie parmi les figures de rhétorique ! Bon, je suis moins expert que toi en matière de procédés stylistiques, je peux me tromper.

      Merci d’avoir laissé tes fort belles impressions, je les reçois avec grand plaisir. Amicales pensées, bibises

  4. Merci pour la visite et le commentaire sur mon blog 🙂
    Un poème très bien écrit. Je n’ai pas ce style et en suis bien loin. Dixit mon ancien blog où j’en ai déposé pas mal de jeunesse, pour les transmettre à mon fils, lorsqu’il aura mon âge et aura peut être envie de plonger sur papier, sur cet héritage que sont les mots.
    L’amour parfait ? Rien que le mot « Parfait » ne peut exister, en tant qu’être humain nous en sommes bien loin. 🙂
    Un poème pour les esseulé(e)s de l’amour ou de la Saint Valentin.
    Je me souviens toute jeune, j’aimais les figures et dessins des amoureux de Peynet. A ce jour je souris encore émue devant ces beaux rêves.
    Une année, vivant seule, je me suis offerte, habitant à l’époque à Bruxelles, un très beau porte-plume, dans un des plus beaux magasins de la capitale, ceci pour ma Saint-Valentin. Je possède toujours cet outil d’écriture qui me rappelle que ce jour là, pas de comédie, mais un grand plaisir de me faire ce cadeau. Un défi à la solitude et au marketing qu’entraîne cette fête. J’ai de beaux souvenirs amoureux. Ceux là sont meilleurs que n’importe quelle Saint-Valentin. 🙂
    Bonne soirée.
    Geneviève

    • Merci beaucoup Geneviève, pour ce ressenti authentique
      Je suis épaté par la façon que vous avez de vous porter au cœur de l’action, j’apprécie énormément avec quelle prolixité vous me témoignez votre intérêt pour mon poème.

      Mes plus amicales salutations

  5. Yannig
    Ton poème, que je trouve très beau, peut se lire de diverses façons et à différents degrés.
    Pour ma part je trouve qu’il a le rythme , la profondeur et l’humanisme de la Ballade des Pendus
    qui est un appel à la charité chrétienne et à la Rédemption.
    Le tien est un hymne à l’Amour et à la compassion (dans le sens noble du terme)
    Il m’arrive de prier pour que ceux qui ne reçoivent pas d’amour et le méritent l’obtiennent
    car le manque d’amour est aussi, pour moi, une forme d’injustice.
    En amitié
    Renaud

    • Cher Renaud, Tu as reçu le message 5 sur 5 !
      On pense toujours à ceux qui sont dans la peine et l’exclusion au moment des fêtes de fin d’année, mais rarement pour la « fête des amoureux » et c’est à ceux-là que je m’adresse.
      Bon, je reconnais que j’y suis allé un peu fort au niveau pathos et emphase et que ce poème ne communique pas forcément l’espoir de lendemains meilleurs ! 🙂

      Avec mes plus vifs remerciements, mon amical salut.

  6. Se blottir contre l’absence et le silence quand l’amour n’est plus, c’est une souffrance du coeur avec laquelle il est difficile de vivre
    … Très beau Yannig, je t’embrasse

    • Oui Flore, parfois le silence et l’absence ont laissé une empreinte telle, qu’il n’y a pas d’autre issue que d’apprendre à vivre avec…

      Je devine en toi une grande sensibilité de cœur… Merci pour l’avis déposé, cela me touche au plus profond.

  7. Bonjour Yannig

    L’amour ? Qu’en dire de plus que ce qu’on dit tous les intervenants précédents ? Pas grand chose de plus. S’accrocher à l’Amour sous sa forme la plus pure et oublier l’égoïsme auquel nous sommes attachés lorsqu’il s’agit d’aimer l’autre. Je suis certainement hors sujet mais j’assume, cela me ressemble bien.

    Bonne journée

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