J’aime en secret et souffre en silence

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J‘aime en secret ; elle-même l’ignore :
Une citoyenne d’un pays étranger
Qui rend mes songes lourds et mon sommeil léger ;
(Un sommeil, malgré moi, toujours sonore) !
C’est un minois à l’ovale charmant,
Un teint de porcelaine, une allure de cygne ;
C’est la Grâce incarnée – qui parfois me fait signe –
Que je crois entrevoir en m’endormant
Elle est beauté de corps et bonté d’âme
Qui va, répandant sur tout, son rire vainqueur
Et ses baisers ! Moi, las je m’épuise en langueur,
Cherchant pour mon cœur un baume, un dictame !
Et quand la peine prend visage humain :
Des larmes que mes yeux contiennent encore,
– Fleur de volupté douce, cueillie à l’aurore –
Elle fait un miel pour le lendemain
C’est elle pourtant, voix de confidence,
Qui renouvelle, chaque jour, mon doux courroux !
Mais, est-ce vraiment aimer que d’être jaloux ?
La douleur se tait ; je souffre en silence.

© Yannig WaTeL 23 février 2015
 

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16 réflexions sur “J’aime en secret et souffre en silence

  1. Je ressens dans ce poème réellement magnifique et techniquement parfait (désolée pour la banalité de l’expression) une chaleur, une générosité, une sensibilité qui te rendent plus humain et vivant que jamais… poétiquement parlant, je dirais plus « accessible » 🙂 Au-delà du sujet en lui-même que tu as su décrire avec talent et que l’on croirait tout droit sorti d’un tableau de Bouguereau, il y a un charme indéfinissable qui s’en dégage, une « lumière » particulière peut-être parce qu’ici ta plume est légère, radieuse, mêlant à merveille fantaisie, tendresse et douce mélancolie…
    De plus, la chanson est vraiment bien choisie et contribue à la beauté et à l’ambiance de l’ensemble…
    Et pour finir, cette citation : « Qui jamais ne connut ce que c’est que l’amour, n’a jamais pu savoir ce que c’est que la peine » (Thomas d’Angleterre – Tristan et Yseult)

    Merci de nous enchanter, toujours, par la grâce de tes mots…

    Bises

    • Merci chaleureusement, Emma, pour la conscience déployée dans ton commentaire, on sent qu’il y a un véritable travail de recherche dans ton argumentaire et cela suscite l’admiration.
      En vérité, les faits décrits sont imaginaires et malgré l’emploi excessif de « moi je ; moi je… » je ne suis pas cet amoureux transi, c’est un rôle de composition !
      Amitiés amicales

  2. Nos poésies ne sont pas toujours nos biographies
    Mais celle çi est vraiment bien pensée avec des mots qui se marient entre eux
    Bravo
    J ai pris plaisir à te lire
    Chanson bien adaptée aussi
    Amitié et bonne soirée
    Dany

    • En effet, Dany, la poésie est également un moyen de sortir de soi, de s’aérer l’esprit… Et les souffrances décrites ici (qui plus est, imaginées) ne sont rien comparées à d’autres types de souffrances.
      Merci pour le regard posé sur mes mots. Amicalement

  3. Bonjour Yannig,
    Il suffit d’un rien, d’une émotion pour qu’un poète la transforme en histoire sans paroles mais pas sans mots (encore un paradoxe) et nous entraîne dans son cheminement de rêves, de fantasme.

    Ce poème décrit la douleur du manque, de l’inaccessible mais tu as su la transformer en beauté.

    Belle journée.

    • Moun, je ne peux que me réjouir de savoir que tu as apprécié cette mise en mots des maux jolis de l’existence.
      Les mots ont le devoir de se faire beaux quand la douleur est elle-même belle, toute douleur qu’elle soit !
      Un grand et chaleureux merci pour l’avis déposé. Mes amitiés

    • Et nous ne sommes jamais mieux protégés (et consolés) de la solitude que lorsque nous aimons ! (réflexion personnelle) 😉

      Merci pour cette charmante apparition, Flore, c’est toujours un plaisir.
      Gros bisou

  4. Yannig, tu as su magnifiquement développer ces constats du grand Edmond Rostand « il n’est de grand amour qu’à l’ombre d’un grand rêve »
    et du non moins grand Sénèque « les grandes douleurs sont muettes ».
    Sur le plan géographique il faudrait préciser « le pays étranger » d’où vient ce charmant cygne pour pouvoir lancer les recherches -:)
    ou alors comme Jean-Jacques Goldman il convient que tu ailles au bout de tes rêves :

    Bonne chance.
    Amitiés
    Renaud

    • Renaud, j’envie ton esprit toujours grand ouvert aux lumières de la connaissance et ton grand cœur rempli en abondance de bons sentiments !
      Je tenais à ne rien divulguer au sujet de cette muse éphémère (une petite brunette aussi indomptable que charmante…) obscur objet de mes subites passions (de mes désirs aussi…) mais, parce que c’est toi, je consens à révéler qu’elle habite une métropole francophone d’Amérique du Nord. Le bout du Monde, quoi !
      Un merci sincère et vif pour le détour par chez moi, Renaud, j’apprécie grandement. Amical salut.

    • Renaud, ton intervention (divine, qui sait ?) m’a inspiré ; j’envisage de modifier le titre de ce poème, que je juge un peu pessimiste !
      Je vais donc le titrer : « il suffira d’un cygne » !

  5. Yannig, à la relecture, par pur plaisir, de ton poème, je constate que la vidéo de la chanson de Jean-Jacques GOLDMAN apparaît en gros
    alors que je n’avais que copié/collé le lien.J’espère que cette insertion massive ne te gêne pas trop.N’hésite pas, si nécessaire, à la supprimer, je
    n’en prendrai aucun ombrage.
    Sinon, merci pour l’info selon laquelle ta dulcinée se trouve dans la Belle Province.
    Par ailleurs le titre d’origine de ton poème me plaît bien et doit surtout bien plaire aux femmes.Il est très romantique et fait penser au sonnet
    d’Arvers.
    Si tu persistes dans ton souhait de changement je verrais plutôt  » il suffirait d’un Cygne  »
    En toute amitié

    • Aucune gêne concernant la vidéo, Renaud, j’adore cette chanson !
      D’ailleurs, mon « il suffira d’un cygne » était un clin d’œil, en répartie, au titre « il suffira d’un signe » du même Goldman !
      Je vais vite me plonger dans la lecture de l’œuvre que tu cites en référence. Je souhaite que tu aies apprécié ma toute dernière publication, puisque tu évoques le romantisme et mes rapports à la gente féminine…

      Avec mes plus vifs remerciements, en toute amitié.

    • Renaud, j’ai effectué ma petite enquête : si tu compares mon modeste poème à CE sonnet de Félix Arvers, disons les choses comme elles sont : face à un tel monument je me sens comme un ruisseau comparé au Nil ou à l’Amazone, mais je vais le prendre comme un encouragement à progresser !

      [ Sonnet ]

      Mon âme a son secret, ma vie a son mystère,
      Un amour éternel en un moment conçu :
      Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire,
      Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.

      Hélas ! j’aurai passé près d’elle inaperçu,
      Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire.
      Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,
      N’osant rien demander et n’ayant rien reçu.

      Pour elle, quoique Dieu l’ait faite douce et tendre,
      Elle suit son chemin, distraite et sans entendre
      Ce murmure d’amour élevé sur ses pas.

      À l’austère devoir, pieusement fidèle,
      Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle
       » Quelle est donc cette femme ?  » et ne comprendra pas.

      Félix ARVERS (1806-1850)

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