Mon aimable ennemie

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En des infinités d’ombre et de solitude,
Mon cœur est un bûcher de lys arc-en-ciellés
– Plein d’étoilements et de reflets constellés –
Que l’autan disperse ; que la bise dénude
À travers la bourrasque, il pleure ses péchés
Et les lave, avec les gestes héréditaires
Qu’ont les éternels démunis, les solitaires
Voués au ferme célibat ; vifs écorchés
Ce serait, semble-t-il, une coutume antique :
Dans le silence des soirs hostiles et nus,
Lentement, les larmes d’anciens temps souvenus
Brûlent mon cœur, sur un autel eucharistique
Et ses longs sanglots font un concert infini
Où chantonnent, d’un ton lascif, des voix de femmes
– Comme pour le bercer mieux au travers des flammes –
Sur un air de « c’est le bon Dieu qui t’a puni » !
Un feu bien plus ardent, cependant, le dévore :
Mille brasiers, lourds d’ennui et d’esseulement,
Agitent mon cœur aimé insuffisamment ;
Cœur avancé en âge et qui sursoit encore.
☙❧
© Yannig WaTeL  23 mars 2015
☙❧
 

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La décrire

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Trouverai-je jamais les mots pour la décrire ?
Par les yeux du rêve seulement, contemplés :
Ses pommettes hautes ; son très rouge sourire,
Font un bel amalgame, aussitôt assemblés
À ses cheveux blonds ; à sa peau de nacre fine,
Où se confine une âme immensément divine
– Sous des airs délicats, de mystères peuplés –
Et du buste jusques aux jambes fuselées :
Très patiemment, des doigts d’orfèvres divins
Semblent avoir poli ses longs traits droits et fins,
D’ombres d’or autant que de clartés étoilées
Ah que ne suis-je vizir, prince ou bien émir !
J’aurais pu, dessus les étoffes potelées
D’un sofa, sous les plus doux baisers, l’endormir.
© Yannig WaTeL  14 mars 2015

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Les souvenirs brûlants

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Pas un jour ne commence ni n’expire,
Sans qu’un souvenir de nos dix-huit ans
– Par les prétextes les plus incitants –
Ne m’ébranle le cœur ou ne m’inspire !
Aujourd’hui même, je vois nos amours
Sous les traits de créatures ailées
– D’un sommeil centenaire, réveillées –
Me tendre les bras, vivantes toujours :
-– Peu à peu, ton ombre en fuite furtive
Ondule, tressaille et propage en moi
Ses ondes inexprimables d’émoi ;
Je suis tel qu’en transe contemplative
Tes cheveux blonds, noués en catogan
S’irisent, en cascade sensuelle ;
Avec une langueur spirituelle,
Au milieu d’eux je goûte l’ouragan
Je suis navire essuyant la tempête
– Sur une mer aux flots extravagants –
Et cherche loin, tes replis élégants ;
Comme souvent dans mes soirs de conquête
Et comme souvent : du divan profond,
Les extases (car ma bouche éperdue
À pleines dents marque ta gorge nue)
Essaiment, légères, jusqu’au plafond
Et nos âmes montent vers l’empyrée,
Accrochant au passage, calmement :
Deux clartés constellées au firmament ;
Plus sereines qu’une aurore azurée –-
Le jour expire, ô instants radieux !
C’est l’heure lente où s’apprête le rêve :
Mon cœur s’ébranle, mon esprit s’élève
Et la Terre entière atteint les cieux.
-ຂ-
© Yannig WaTeL  08 mars 2015
-ຂ-