Les souvenirs brûlants

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Pas un jour ne commence ni n’expire,
Sans qu’un souvenir de nos dix-huit ans
– Par les prétextes les plus incitants –
Ne m’ébranle le cœur ou ne m’inspire !
Aujourd’hui même, je vois nos amours
Sous les traits de créatures ailées
– D’un sommeil centenaire, réveillées –
Me tendre les bras, vivantes toujours :
-– Peu à peu, ton ombre en fuite furtive
Ondule, tressaille et propage en moi
Ses ondes inexprimables d’émoi ;
Je suis tel qu’en transe contemplative
Tes cheveux blonds, noués en catogan
S’irisent, en cascade sensuelle ;
Avec une langueur spirituelle,
Au milieu d’eux je goûte l’ouragan
Je suis navire essuyant la tempête
– Sur une mer aux flots extravagants –
Et cherche loin, tes replis élégants ;
Comme souvent dans mes soirs de conquête
Et comme souvent : du divan profond,
Les extases (car ma bouche éperdue
À pleines dents marque ta gorge nue)
Essaiment, légères, jusqu’au plafond
Et nos âmes montent vers l’empyrée,
Accrochant au passage, calmement :
Deux clartés constellées au firmament ;
Plus sereines qu’une aurore azurée –-
Le jour expire, ô instants radieux !
C’est l’heure lente où s’apprête le rêve :
Mon cœur s’ébranle, mon esprit s’élève
Et la Terre entière atteint les cieux.
-ຂ-
© Yannig WaTeL  08 mars 2015
-ຂ-

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