Mon aimable ennemie

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En des infinités d’ombre et de solitude,
Mon cœur est un bûcher de lys arc-en-ciellés
– Plein d’étoilements et de reflets constellés –
Que l’autan disperse ; que la bise dénude
À travers la bourrasque, il pleure ses péchés
Et les lave, avec les gestes héréditaires
Qu’ont les éternels démunis, les solitaires
Voués au ferme célibat ; vifs écorchés
Ce serait, semble-t-il, une coutume antique :
Dans le silence des soirs hostiles et nus,
Lentement, les larmes d’anciens temps souvenus
Brûlent mon cœur, sur un autel eucharistique
Et ses longs sanglots font un concert infini
Où chantonnent, d’un ton lascif, des voix de femmes
– Comme pour le bercer mieux au travers des flammes –
Sur un air de « c’est le bon Dieu qui t’a puni » !
Un feu bien plus ardent, cependant, le dévore :
Mille brasiers, lourds d’ennui et d’esseulement,
Agitent mon cœur aimé insuffisamment ;
Cœur avancé en âge et qui sursoit encore.
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© Yannig WaTeL  23 mars 2015
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