Mon aimable ennemie

8531002☙❧
En des infinités d’ombre et de solitude,
Mon cœur est un bûcher de lys arc-en-ciellés
– Plein d’étoilements et de reflets constellés –
Que l’autan disperse ; que la bise dénude
À travers la bourrasque, il pleure ses péchés
Et les lave, avec les gestes héréditaires
Qu’ont les éternels démunis, les solitaires
Voués au ferme célibat ; vifs écorchés
Ce serait, semble-t-il, une coutume antique :
Dans le silence des soirs hostiles et nus,
Lentement, les larmes d’anciens temps souvenus
Brûlent mon cœur, sur un autel eucharistique
Et ses longs sanglots font un concert infini
Où chantonnent, d’un ton lascif, des voix de femmes
– Comme pour le bercer mieux au travers des flammes –
Sur un air de « c’est le bon Dieu qui t’a puni » !
Un feu bien plus ardent, cependant, le dévore :
Mille brasiers, lourds d’ennui et d’esseulement,
Agitent mon cœur aimé insuffisamment ;
Cœur avancé en âge et qui sursoit encore.
☙❧
© Yannig WaTeL  23 mars 2015
☙❧
 

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15 réflexions sur “Mon aimable ennemie

  1. Je ne sais si tu parles d’une expérience personnelle. Ce poème est beau dans la tristesse mais je souhaite à ton cœur éperdu de rencontrer l’âme sœur pour rompre le silence, ce cachot où parfois nous sommes tous enfermés.

    • Je parle d’un homme qui a vécu la majeure partie de sa jeunesse triomphante dans le péché, dans l’excès et l’hyperconsommation, qui a construit sa vie sur du sable et qui finit par se rendre compte que tout cela ne va pas tenir, parce qu’il manque trop de pierres à l’édifice… Un homme qui entend une petite voix intérieure, la voix de sa conscience, qui lui dit qu’il finira sa vie tout seul !
      Autobiographique, ou pas ? Tu ne le sauras pas !

  2. SSS = simplement superbe et spelndide:

    @ »Mon cœur est un bûcher de lys arc-en-ciellés

    Cœur avancé en âge et qui sursoit encore. »

    même si ton beau poème n’est pas autobiographique, who cares?!… 🙂 I’m not curious… en fin, il y a tjs un peu de nous-mêmes dans nos écrits…

    • Merci infiniment, Mélanie
      J’apprécie fortement de recevoir l’avis d’une Plume distinguée, autant que j’apprécie de voir à quel point mes émotions exprimées suscitent l’émotion en retour.
      J’aurais tellement aimé pouvoir accompagner mes remerciements d’un beau et gros bouquets de violettes parfumées !

  3. C’est vrai que tout ce qui brûle finit par se consumer : c’est ainsi pour tout et il en va de même pour le cœur, la vie et le reste… Si ton cœur se consume dans le feu et les larmes, c’est qu’il a beaucoup vécu, beaucoup aimé et forcément beaucoup souffert… et si le résultat de tout cela c’est la solitude, ce n’est pas forcément une mauvaise chose car elle est remplie de souvenirs ardents qui ne peuvent s’apaiser qu’avec le temps… il y a des ennemies qui veulent parfois du bien 😉

    Mes amitiés Yannig…

  4. Je ne voulais pas être curieuse .. Parfois nos expériences personnelles nourrissent nos textes. En tout cas, ton écriture ne lasse jamais les yeux et remplit l’âme de beaux sentiments..

  5. L’amour ne peut fleurir que sur des bases solides… Les châteaux bâtis sur du sable se font soit piétinés soit avalés par l’écume de la rancoeur ou/et de la solitude…
    La solitude est belle en poésie mais dans la vie, elle est la compagne des désillusions.

    Pensées amicales Yannig

    • « Cueille le jour présent sans te soucier du lendemain » et « Ôte le long espoir à tes jours comptés » disait Horace, l’épicurien !
      Merci pour ce baume de mots déposé, Moun, qu’est-ce qu’on ce goure à s’imaginer que la saison des amours durera toujours !
      Amicales pensées

  6. Bonjour Yannig, ton écriture a tellement gagné en fluidité que j’hésite encore à te redire combien les émotions dominent le support prosodique de tes poèmes. Bon, là je vais te dire quand même un mot sur le fond, qui me touche, car je pense qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné. La liberté est également une bonne compagne…et je vais te dire plus encore…j’en connais qui ont découvert l’amour (j’ai les noms!) avec un grand A à 60 ans ! Et oui! Aucune ombre au tableau depuis plusieurs printemps malgré l’hiver de la vie. Alors, vois-tu, le narrateur de ton poème peut y croire et profiter de la solitude de son célibat un petit moment encore 🙂
    Bisous
    Hélène

    • Hélène, le poète en voie de développement que je suis est ravi d’avoir ton appréciation et l’homme sagement déluré que je suis te remercie !
      Merci-merci, ça enrichit le coeur et surtout l’âme.
      Amicales bibises

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