Loin de tout

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Tenu à l’écart, loin des bruits gais de la plage,
Sous le regard doux que me fait le ciel du soir :
Dès le jour ennuyeux fini, je viens m’asseoir
Sur un banc familier dominant le rivage
Comme saisi de fièvre, mon cœur mis à nu
S’y brûle d’ardeur froide et de mélancolie,
Parce qu’il se souvient (quand ma mémoire oublie)
Du seul grand amour que dans ma vie j’ai connu
Là, pas de visage dessiné sur le sable
(Ni même son prénom) à-demi effacé ;
Pas plus que de serment à la hâte tracé !
La sachant lointaine, perdue, insaisissable…
La chose est entendue, pourtant, que nous avions
En lieu et en place d’un exil volontaire :
Tant de promesses à tenir et tant à faire !
Fut-il admis que, nous mal-aimant, nous rêvions ?
Inguérissable ennui, regrets et pénitence
– Dès lors qu’elle a jeté aux vents mes illusions –
Entraînent dans leur cours mes très chères visions :
Ainsi, depuis douze ans, coule mon existence.
ℑìℑì
© Yannig WaTeL  30 mai 2015
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De suprêmes adieux

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Elle est là, qui sommeille (ou fait-elle semblant) ;
Toute rose encore de nos amours fidèles !
Emmitouflé d’ombres, œil brillant, cœur tremblant :
Je lui cause, en baisant mille fois ses mains frêles
« Adieu, mon ange, adieu ! Le désir m’est venu
De partir pour toujours (et vivre en solitaire)
Vers un monde nouveau, un rivage inconnu ;
L’attente a trop duré, je brûlais de le faire
Cependant qu’avec toi les temps m’ont semblé beaux,
Je ne puis être heureux (tout comme l’hirondelle)
Qu’en suivant le zéphyr, qu’en planant sur les eaux ;
Car voilà mon sort, la mer immense m’appelle !
Quant à nos souvenirs… Fais-les donc s’envoler,
Mais laisse-moi sentir, avant que je m’en aille :
Une suprême fois, nos lèvres se frôler ! »
De l’aimer j’ai quitté l’idée, vaille que vaille.
© Yannig WaTeL  21 mai 2015
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Dandysme

820054ℑ∫.
Ô douceur de sentir, à l’abri des averses
Quand la pluie, lourde, tombe et se cogne au trottoir :
Le plaisir, qu’on goûte aux boissons un brin perverses,
Par des jeunes femmes servies ; bues au comptoir !
Sans que, de plus rien nos âmes soient assoiffées
Qu’hydromel, absinthe, vieux bourbon et brandy :
Se perdre au fabuleux pays des vertes fées ;
Ô bonheur suprême, vivre en parfait dandy !
Prendre un cœur solitaire et s’en faire un trophée,
Le parer de langueur ; et jusqu’au jour éclos :
Enlacer d’autres bras que les bras de Morphée !
Ainsi, des nuits durant, nous chauffons nos vieux os.
ℑ∫.
© Yannig WaTeL  13 mai 2015
ℑ∫.

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Soliloque

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« S‘il n’en reste qu’une, tu seras celle-là
Et mon cœur pur, toujours, t’aimera sans partage ! »
Huit ans sont passés mais, chaque jour davantage :
Je me surprends même à croire encore à cela !
Je laisse parler (en rêve) ma voix confuse ;
De cesse n’ayant plus que, de soliloquer :
Mon orgueil lance un « tu as failli me manquer ! »
– Symbole d’un retour que la Vie me refuse –
Je lui raconte tout ce qui fait mon malheur :
Huit années d’attentes, puis de mélancolie
Et d’amour très grand puis, d’espérance abolie,
Rancunes et pardons, sédation et douleur
Je ne m’excuse pas, contre toute apparence,
– En faisant mine de bichonner ses cheveux –
Mais, lui fais (sans témoins) d’intrépides aveux :
« Si tu savais comment j’ai souffert ton absence
Mais, que souffrir n’est rien quand je songe combien
Gagneraient en éclat nos âmes affaiblies,
(Quoique tu ne m’aimes plus, quoique tu m’oublies)
Si ton cœur, à nouveau, battait contre le mien. »
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© Yannig WaTeL  03 mai 2015
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