Dandysme

820054ℑ∫.
Ô douceur de sentir, à l’abri des averses
Quand la pluie, lourde, tombe et se cogne au trottoir :
Le plaisir, qu’on goûte aux boissons un brin perverses,
Par des jeunes femmes servies ; bues au comptoir !
Sans que, de plus rien nos âmes soient assoiffées
Qu’hydromel, absinthe, vieux bourbon et brandy :
Se perdre au fabuleux pays des vertes fées ;
Ô bonheur suprême, vivre en parfait dandy !
Prendre un cœur solitaire et s’en faire un trophée,
Le parer de langueur ; et jusqu’au jour éclos :
Enlacer d’autres bras que les bras de Morphée !
Ainsi, des nuits durant, nous chauffons nos vieux os.
ℑ∫.
© Yannig WaTeL  13 mai 2015
ℑ∫.

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12 réflexions sur “Dandysme

  1. « Le dandysme est un comportement au bord du suicide. C’est le choix d’une attitude, un jeu constant pour échapper à la réalité. » (Serge Gainsbourg)

    merci pour ce joli traité poétique du dandysme… 🙂
    belle soirée…

  2. Bonjour Yannig… Mon avis t’intéresse à ce que je lis au-dessus de ce cadre destiné aux commentaires ! Que puis-je dire de ma lecture ? Que je me suis sentie plongée dans un monde d’hier et que tes descriptions ont réussi à me transporter dans ce monde que je n’ai pas connu, ni le dandysme non plus d’ailleurs mais à te lire, peut-être aurais-je aimé goûter à tous ces plaisirs interdits, ces plaisirs à faire perdre la tête, ces plaisirs à nous faire du bien au corps (enfin sur le moment, parce que l’absinthe… 🙂 ) et à l’âme.

    Quant à l’amour, à la cour faite avec élégance et formes mises dans la formulation, dans les gestes, je trouve cela bien charmant surtout si l’on considère la mode directe utilisée par les jeunes gens aujourd’hui… que leur restera-t-il du sentiment d’amour ?

    Belle journée Yannig
    Bises

    • Hé oui, Moun, tout ça c’était le temps d’avant, le temps de la liberté d’aimer, avant que les « je te… » ne supplantent les « je t’… » !
      Moi qui pensais que le romantisme était devenu ringard, de nos jours… Finalement, j’avais peut-être raison ! Je vais donc songer à faire l’effort de poser mon regard sur les réelles beautés de la vie et trouver de nouvelles valeurs sûres.

      Merci pour la lecture et l’avis déposé, avec des bises.

  3. Ces alcools forts, dont tu nous fais une liste non-exhaustive, sont comme l’amour des plaisirs doux-amers qui embrument l’âme, ramollissent les corps et rendent parfois complètement idiots 😉

    La différence, c’est qu’ils ne touchent pas au cœur et c’est peut-être là l’effet recherché… se tenir loin des conséquences tumultueuses de l’amour pour ne vivre qu’en esthète et en parfait hédoniste, n’avoir que le meilleur de la vie et des plaisirs qu’elle offre. Les jours et les nuits sont alors, en effet, beaucoup plus doux quand on ne craint plus les lendemains qui déchantent… Il y a une chose qui ne change pas cependant : les sourires carnassiers que les prédateurs affichent pour attirer leurs proies, quel que soit leurs souhaits et leurs désirs 🙂

    Mes amitiés Yannig…

    • Je constate que mon modeste poème t’inspire de grandes et longues réflexions, Emma !
      Je me demande si tu tires tes idées d’expériences personnelles, mais à vrai dire, je ne vois pas bien ce que les « prédateurs avec leurs sourires carnassiers » viennent faire ici… Après tout, on a tellement pris l’habitude de confondre le sentiment amoureux avec celui de possession, d’appropriation et de dépendance… Donc, oui peut-être qu’on pourrait alimenter le débat en faisant une analogie de tout ceci avec les paradis artificiels !
      Pour conclure, une pensée idiote (ou une source d’inspiration, c’est selon) :
      en vieillissant, les hommes perdent leurs cheveux, mais pas leurs mauvaises habitudes !

      Amitiés amicales

  4. Bonjour Yannig, puisque tel est ton prénom 🙂
    Merci pour ton super gentil commentaire, sur une petite poésie écrite ainsi, sans aucun effort, juste pour poser des baisers sur une page sans prétention. Ton poème quant à son lyrisme, son romantisme, ses références d’un certain dandy, dans lequel tu t’essaies à y mettre des mots qui n’appartiennent qu’à toi, me font ressentir, tout ce que tu écris.
    « le mot dandy apparaît vers la fin du XVIIIe siècle, se distinguant de l’excentricité car il « joue avec la règle » mais la respecte encore »
    « Au XIXe siècle, il prédomine chez le romantique français voulant être « reconnu » dans la société (Stendhal, Eugène Sue voire Baudelaire, poètes de la Jeune-France). »
    « …. affectation de l’esprit et de l’impertinence. » Il y a bien d’autres références dans wiki.
    Je t’associerais plutôt à ce romantisme dans ce poème, et à Oscar Wilde dans la comparaison virtuelle. 🙂

    « Se perdre au pays des vertes fées » Tu as pu les rencontrer ces fées ? Tu fais référence aux femmes ou aux boissons ? 🙂
    Tu me fais sourire lorsque tu écris pour le cœur solitaire : « en faire un trophée » J’espère au moins que ce trophée ne sera pas mis sur la cheminée, ou reléguée dans un coin oublié 😉 Je me moque un peu, car j’ai été touchée par ton lyrisme, je me répète oups, oui c’est comme ça, je « gagatise », mais tant pis.
    Je ne viens pas souvent, mais suis toujours séduite par tes mots écrits avec ferveur. 🙂
    Amitiés virtuelles.
    G.

    • C’est un réel grand plaisir que de susciter autant d’intérêt et de voir à quel point ce poème a éveillé ta curiosité, Brindille, merci infiniment.
      En fait, ce sont davantage les ombres de Georges Rodenbach (poète et romancier belge aux allures de dandy de la fin 19è siècle) et de Paul Verlaine (réputé pour ses excès notoires en matière d’absinthe, alias « la fée verte ») qui planent sur ce poème.

      Mon angle d’attaque n’est pas très original, en vérité ! Le lyrisme apparent, en jargon poétique ce procédé de versification s’appelle « poser des chevilles » c’est une façon de consolider, de donner du coffre…

      Merci pour ce bel effort de compréhension, merci pour le commentaire agréablement étayé, avec mes plus amicales pensées.

  5. Nous voici plongés dans le siècle passé.. Entre alcools forts et élégance .. Le dandysme caractérisa un temps le raffinement de l’esprit . Alors, tu es probablement un dandy .. actuel

    • Merci beaucoup Sedna, pour le ressenti déposé.
      En fait, je suis surtout un petit rimailleur sans prétention, un poète du dimanche qui prend plaisir à caresser un mot par-ci, effleurer un verbe par-là !

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