De suprêmes adieux

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Elle est là, qui sommeille (ou fait-elle semblant) ;
Toute rose encore de nos amours fidèles !
Emmitouflé d’ombres, œil brillant, cœur tremblant :
Je lui cause, en baisant mille fois ses mains frêles
« Adieu, mon ange, adieu ! Le désir m’est venu
De partir pour toujours (et vivre en solitaire)
Vers un monde nouveau, un rivage inconnu ;
L’attente a trop duré, je brûlais de le faire
Cependant qu’avec toi les temps m’ont semblé beaux,
Je ne puis être heureux (tout comme l’hirondelle)
Qu’en suivant le zéphyr, qu’en planant sur les eaux ;
Car voilà mon sort, la mer immense m’appelle !
Quant à nos souvenirs… Fais-les donc s’envoler,
Mais laisse-moi sentir, avant que je m’en aille :
Une suprême fois, nos lèvres se frôler ! »
De l’aimer j’ai quitté l’idée, vaille que vaille.
© Yannig WaTeL  21 mai 2015
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