Loin de tout

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Tenu à l’écart, loin des bruits gais de la plage,
Sous le regard doux que me fait le ciel du soir :
Dès le jour ennuyeux fini, je viens m’asseoir
Sur un banc familier dominant le rivage
Comme saisi de fièvre, mon cœur mis à nu
S’y brûle d’ardeur froide et de mélancolie,
Parce qu’il se souvient (quand ma mémoire oublie)
Du seul grand amour que dans ma vie j’ai connu
Là, pas de visage dessiné sur le sable
(Ni même son prénom) à-demi effacé ;
Pas plus que de serment à la hâte tracé !
La sachant lointaine, perdue, insaisissable…
La chose est entendue, pourtant, que nous avions
En lieu et en place d’un exil volontaire :
Tant de promesses à tenir et tant à faire !
Fut-il admis que, nous mal-aimant, nous rêvions ?
Inguérissable ennui, regrets et pénitence
– Dès lors qu’elle a jeté aux vents mes illusions –
Entraînent dans leur cours mes très chères visions :
Ainsi, depuis douze ans, coule mon existence.
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© Yannig WaTeL  30 mai 2015
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