Un destin qui ne serait pas aveugle

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Vous ai-je dit souvent, la fatalité d’être
Au spectre d’une femme intimement lié,
Ne voyant plus qu’en rêve un amour oublié ;
L’espérant voir un jour, de plus belle renaître ?
Sort étrange, aujourd’hui je le sens vivre enfin !
Venue ressusciter ma naïve espérance :
À l’oreille, tout bas, ma muse de romance
M’a promis la Lune et… Des nuits tramées d’or fin !
Dans tout, dès lors, je vois traits de feu et lumières
– En mille aspects divers passant de l’âme aux yeux –
Faire action suprême au plus ardent de mes vœux,
De rendre à ma vie ses délices coutumières.
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© Yannig WaTeL 22 juin 2015
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Guinguette de la Marine

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Nous chantons, tous les soirs (unissant nos clameurs)
Pour faire guincher les amoureux en goguette,
Dans les joyeux flonflons d’une simple guinguette
Où fringants matelots (les bras chargés de fleurs)
Sollicitent gaiement de jolies jouvencelles
Aux yeux pleins de candeur autant que d’étincelles
Et sitôt que tournoient en riant les danseurs,
Nous n’avons (comme dans tous les bals de la Terre)
Autour de nous ni pleurs, ni souffrance, ni guerre :
Mélanges de parfums, d’haleines, de sueurs
Et sons d’accordéon (c’est chose quotidienne)
Jusqu’aux aurores, vont. Et qu’à cela ne tienne !
Bons vivants, gais lurons, joyeux drilles, noceurs
– Ayant bu l’amour et la vie jusqu’à l’ivresse –
Se joignent tous les soirs (soirs de vive allégresse)
En d’aimables façons, au cortège des cœurs.
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© Yannig WaTeL 14 juin 2015
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Crépuscules

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crédit image : juliendouvier.tumblr.com

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Je t’écris, appuyé à la vitre d’un train
Qui me conduit bien loin, vers une autre existence :
Repos, paix solitaire et silence d’airain
M’attendent au bout du voyage qui commence !
Dans le clair-obscur du crépuscule installé,
J’imagine (à l’heure où tu lis ces quelques lignes)
Ta mine, pensive du bonheur en allé,
Agréant l’abandon auquel tu te résignes
Et je devine, sur tes lèvres les « pourquoi ? »
Mais… Après sept ans de loyauté assidue,
J’aurais fait de même avec une autre que toi !
Puis, d’aucuns te diront que c’est chose entendue :
Les jours de délices viennent, puis s’en vont ;
C’est la Vie qui le veut, vénérable et sacrée !
Des couples se refont quand d’autres se défont ;
Tout se transforme, rien ne meurt ni ne se crée !
Ainsi s’en va l’Amour… À peine a-t-il cessé
Que déjà l’oubli vient ! L’heureuse agonie sonne,
Pourquoi donc des regrets ? Car si je fus blessé :
Mon cœur, comme le tien, se console et pardonne !
Adieu, mon ange, adieu ! Surtout, garde la foi ;
Ne laisse pas le froid s’infuser dans ton âme !
Concernant tout ce qui t’attache encore à moi :
Fais-en donc, pour la peine, une vivace flamme.
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© Yannig WaTeL  06 juin 2015
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