Crépuscules

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crédit image : juliendouvier.tumblr.com

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Je t’écris, appuyé à la vitre d’un train
Qui me conduit bien loin, vers une autre existence :
Repos, paix solitaire et silence d’airain
M’attendent au bout du voyage qui commence !
Dans le clair-obscur du crépuscule installé,
J’imagine (à l’heure où tu lis ces quelques lignes)
Ta mine, pensive du bonheur en allé,
Agréant l’abandon auquel tu te résignes
Et je devine, sur tes lèvres les « pourquoi ? »
Mais… Après sept ans de loyauté assidue,
J’aurais fait de même avec une autre que toi !
Puis, d’aucuns te diront que c’est chose entendue :
Les jours de délices viennent, puis s’en vont ;
C’est la Vie qui le veut, vénérable et sacrée !
Des couples se refont quand d’autres se défont ;
Tout se transforme, rien ne meurt ni ne se crée !
Ainsi s’en va l’Amour… À peine a-t-il cessé
Que déjà l’oubli vient ! L’heureuse agonie sonne,
Pourquoi donc des regrets ? Car si je fus blessé :
Mon cœur, comme le tien, se console et pardonne !
Adieu, mon ange, adieu ! Surtout, garde la foi ;
Ne laisse pas le froid s’infuser dans ton âme !
Concernant tout ce qui t’attache encore à moi :
Fais-en donc, pour la peine, une vivace flamme.
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© Yannig WaTeL  06 juin 2015
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20 réflexions sur “Crépuscules

  1. Merci de nous faire partager autant d’authenticité et de sincérité.
    Votre texte, m’inspire une plaie qui refuse de cicatriser, un fil qui refuse de céder, une ombre qui ne veut pas s’en aller.

    Encore une fois, merci de nous permettre d’être les spectateurs de vos sentiments, d’une place aussi proche que celle que vous offrez.

    • Ravi par la visite et le chaleureux commentaire, Fabien, l’interprétation que vous faites de ce poème est très émouvante, merci.
      En effet, un fort sentiment de nostalgie me chatouille souvent l’esprit, mais je crois que j’en ai besoin pour rebondir !

      Mon plus amical salut

    • Ton regard sur mes mots me touche beaucoup, Flore, tu as eu raison de me murmurer au creux de l’oreille cette pensée… Je ne vais pas laisser le froid glacer mes pourquoi, donc !
      Un grand merci, avec des gros bisous

  2. Transformer le froid en flamme…voici une image originale! « L’heureuse agonie » breuuhh… mais bien trouvé ! Quand au « clair-obscur du crépuscule » j’adhère forcément à cette image « oxymorément » poétique. (à noter dans le dico es-pécial) Sept ans, ne dit-on pas que c’est l’âge de raison ? La raison a-t-elle l’âge pour de telles et définitives décisions? Là, ce n’est pas Elle qui part, mais l’auteur en prenant ce train, peut-être une métaphore : le train: la rupture,… appuyé à la vitre d’un train (embuée j’imagine) : les yeux brouillés par les larmes,…le voyage qui commence : un départ pour une autre vie.
    Ce poème épistolaire semble la genèse d’une nouvelle expression : Tu t’adresses directement à Elle. Tes poèmes, majoritairement l’évoquent à la troisième personne : Elle…
    Attends-tu une éventuelle réponse? Ou préfères-tu le silence de sa part pour tirer un trait définitif sur et amour que tu estimes « perdu »?
    Des questions certainement sans réponses car bien trop personnelles.
    Mais je suis heureuse de constater ton aisance en matière de poésie, j’en profite également pour te remercier de tes conseils et attentions concernant mon poème qui mijotait sur le grill et dont certaines saveurs me semblaient confuses, tes suggestions étant de bon aloi 🙂
    Merci Yannig !
    Bisous

    • Un immense merci pour ton avis grandement et bellement étayé, Hélène, tu as bien perçu en regardant par le soupirail de mon écriture, ces pensées à la fois obscures et brillantes qui me taraudent l’esprit !
      J’aime pas beaucoup casser les mythes et dévoiler les mystères, mais j’ai juste relevé un défi personnel de tenter le genre épistolaire (que tu maîtrises avec tant de brio) en écho à ton « Parc des glycines »… Et j’avais en guise de détonateur, cette chanson (L’aérotrain) qui dit : « au bout des rails, mes jours seront meilleurs » !

      Le côté autobiographique de l’œuvre (comme toutes mes œuvres) est minime, ça doit être de l’ordre de 95% d’imagination pour 5% de narration ! Tout ceci n’est que littérature… Et ne reflète pas la réalité de ce qu’est ma vie de tous les jours !

      Merci encore pour tes encouragements et tes incitations à toujours mieux faire
      Chaleureuses bibises

      • Merci à toi Yannig. Bien sûr que je sais la part imaginaire de tes poèmes 🙂 les miens sont de même et ma vie bien moins romantique (quoi que.. 😉 )
        En poésie tout est permis dans le domaine du rêve comme celui du réel et c’est un superbe moyen d’expression où l’art des mots égal l’Art tout court. Je ne sais plus quel grand auteur a dit dans une célèbre émission littéraire: « si j’avais tué autant de gens, servi d’agent secret à tous les états, assassiné ma grand-mère….je ne serais pas là aujourd’hui devant vos micros à répondre à vos questions sur mon livre 🙂
        Bon dimanche à toi !
        Bisous

    • Un grand merci pour la lecture et le commentaire touchant d’empathie.
      Ah, la sagesse… J’étais en immersion dans ce sentiment au point de véritablement le ressentir !

      Chaleureuses pensées

  3. S’il m’arrivait toutes ces mésaventures, si je subissais tous les déboires sentimentaux relatés dans mes poèmes… Je crois que je serais mort de chagrin…. Ou de vieillesse… à 34 ans ! Je mène une existence quotidienne somme toute banale, sans aspérités ni débordements !

    En vérité, j’écris des poèmes pour le seul plaisir d’écrire des poèmes, sachant que je n’écris pas pour moi, mais pour des lectrices/lecteurs et donc, je m’efforce de fournir un travail de qualité.

    Merci pour la lecture.

  4. La vie est ce voyage que certains prennent en train-train d’autres en aérotrain mais la machine ne s’arrête vraiment qu’à la fin…Entre temps par contre on change de siège, de compartiment…Intérieur ou côté vitre tu es bien assis dans ta poésie d’un optimisme raisonnable et le voyage avec toi est toujours agréable.

  5. Il y a des adieux dans ce poème, certes, mais beaucoup d’apaisement et de générosité aussi… Après tout, quand on a aimé une personne intensément, il en reste forcément quelque chose de doux et de bon au cœur et à l’âme… Des adieux, donc, mais pour mieux recommencer, pour mieux aimer…

    Mes amitiés Yannig

    • Oui, Emma, comme tu dis : dans chaque expérience de vie de couple, il y a toujours quelque chose de bon à prendre… Surtout que, de mon côté, les adieux (qu’ils soient définitifs ou temporaires) figurent en bonne place.
      Merci d’être venue me tenir compagnie dans ce train… Merci d’avoir aimé !
      Amitiés amicales

  6. Merci pour ce très beau poème, il y a un mystère qui se dévoile entre les mots , comme une confidence… La résignation et la douceur. On lit la fragilité de l’amour éternel qui se balade sur cette ligne de train puis entre les lignes guidées par ta main. Je ne t’aime plus, « les premières lueurs de vertu sont les plus pénibles », mais j’aimerai éternellement t’avoir aimé. L’irréversible voyage qui emmène vers l’espoir d’un autre. Merci, merci, cela me parle beaucoup.

    • Nous avons tous une déchirure de ce genre-là, n’est-ce pas Tiphaine ?
      Je vois que tu connais aussi cette sensation d’urgence où tes doigts s’agitent, où ton regard recherche un crayon, un bout de papier pour coucher tout de suite les mots que te donne à extérioriser ton esprit !
      Merci 1 000 fois pour ce regard plein de sensibilité, Tiphaine, merci d’avoir ressenti cela.
      Amicales pensées

  7. Bonjour bonjour
    Un peu de fatalisme, beaucoup de mélancolie et de nostalgie… un petit cocktail qui permet au poète de nous entraîner dans les méandres de ses sentiments…
    J’aime la référence aux 7 ans… il parait que c’est un virage ? ah bon ? 🙂
    En tout cas, la morale est de garder les bons souvenirs pour nourrir le feu de l’automne !

    Belle journée
    Bises poétiques

    • Merci pour l’avis, Moun, je suis très heureux de ta lecture.
      Comme tu l’as bien ressenti, c’est donc un cocktail qui mêle des couleurs chaudes à des émotions tristes !
      Amicales pensées, avec des bises.

  8. Je me promène avec un grand plaisir sur ton blog, et je crois bien que ce poème-ci est l’un de mes préférés. Peut-être parce qu’il est « adressé » et que le rythme m’emporte. Il offre un regard neuf, qui ne se laisse pas aller à une mélancolie poussive. L’équilibre est parfait.

    • Lauraline, c’est fort de tes encouragements que je t’adresse mes plus vifs remerciements.
      Force est de constater que ce poème en particulier a connu un assez joli succès d’estime, je suis ravi d’avoir suscité l’émotion et l’intérêt, merci encore d’avoir mis mes neurones en liesse par ce commentaire.

      Amicales pensées

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