Diadémé d’ombre, septembre

crédit image : juliendouvier.tumblr.com

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Comme teint du sang blanc d’un lys tôt emporté,
Septembre, parfumé, de partout accompagne
Par les monts, par les vaux, à travers la campagne,
De trop rares soleils en habits de clarté
Trempée de pluie, atone en manteau de silence,
La plaine fait accueil aux vents ensorceleurs
– Toujours les mêmes vents, murmurants ou hurleurs –
Avec des frissons de tacite somnolence :
À pas lents et doux mais d’un pied hardi et sûr,
C’est l’arrière-saison, qui fait choir leurs pétales
Aux fleurs et s’endormir leurs âmes végétales,
Grappille grain à grain le raisin presque mûr
L’automne n’est pas loin ! L’hirondelle craintive
Déjà songe à quitter le nid, chercher ailleurs
Hauts clochers, blonds épis, tièdes soirs, jours meilleurs ;
Entraînant dans son cours, la feuille fugitive
Chêne, saule implorant, chèvrefeuille, gazon :
Tout va se dégarnir ! Déjà, la forêt tremble
Et l’on se croirait en novembre, tant il semble
Qu’une invisible main assombrit l’horizon !
Bientôt, nous entrerons dans un monde sans vie ;
Sans en être attristés, mais avec le regret
Des temps où, à genoux, nous allions en secret
Nous prosterner, ravis, devant Flore assouvie.
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© Yannig WaTeL 06 septembre 2015
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