Diadémé d’ombre, septembre

crédit image : juliendouvier.tumblr.com

crédit image : juliendouvier.tumblr.com

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Comme teint du sang blanc d’un lys tôt emporté,
Septembre, parfumé, de partout accompagne
Par les monts, par les vaux, à travers la campagne,
De trop rares soleils en habits de clarté
Trempée de pluie, atone en manteau de silence,
La plaine fait accueil aux vents ensorceleurs
– Toujours les mêmes vents, murmurants ou hurleurs –
Avec des frissons de tacite somnolence :
À pas lents et doux mais d’un pied hardi et sûr,
C’est l’arrière-saison, qui fait choir leurs pétales
Aux fleurs et s’endormir leurs âmes végétales,
Grappille grain à grain le raisin presque mûr
L’automne n’est pas loin ! L’hirondelle craintive
Déjà songe à quitter le nid, chercher ailleurs
Hauts clochers, blonds épis, tièdes soirs, jours meilleurs ;
Entraînant dans son cours, la feuille fugitive
Chêne, saule implorant, chèvrefeuille, gazon :
Tout va se dégarnir ! Déjà, la forêt tremble
Et l’on se croirait en novembre, tant il semble
Qu’une invisible main assombrit l’horizon !
Bientôt, nous entrerons dans un monde sans vie ;
Sans en être attristés, mais avec le regret
Des temps où, à genoux, nous allions en secret
Nous prosterner, ravis, devant Flore assouvie.
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© Yannig WaTeL 06 septembre 2015
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14 réflexions sur “Diadémé d’ombre, septembre

    • Merci beaucoup Claude, j’ai essayé de faire un rendu qui soit entre nostalgie et légèreté, j’espère y être parvenu, attendu que nous sommes impuissants face au cycle des saisons… D’où l’oxymore dans le titre !

      Amitiés

  1. Pas encore tout à fait l’automne dans le sud mais je dois dire que c’est une saison qui sied bien à la melancolie et, tout comme toi j’imagine, j’apprécie cette belle saison flamboyante. Avec ton poème, tu vas me faire languir.

    Aparté : merci pour la correction, c’est ma tablette qui est quelque peu désobéissante et mon oeil fatigué à la relecture 😮
    Je mets mon blog en pause pour cause de déménagement et, par lassitude aussi du virtuel mais chut… Je reviendrai probablement avec des photos et des mots (je l’espère en tout cas) du merveilleux pays cathare où je vais m’installer… des poésies anciennes sur mon dernier article)

    Bises et à bientôt. Je viendrai lire tes poésies cela va de soi.

    • Merci beaucoup Moun, d’être venue promener tes yeux sur mon poème, quel plaisir de te retrouver ici !
      Et bien voilà que de belles aventures t’attendent en pays cathare, avec d’autres joies et émotions. Sûrement que tu avais besoin d’une plus grande maison pour recevoir encore mieux tes nombreux amis et convives ! 🙂
      En plus, ça tombe bien, avec la saison des buffets campagnards qui approche…

      Je te dis donc à très bientôt, avec mes encouragements pour tes activités de résiliations de contrats, états des lieux, cartons, crémaillère, etc…

      Chaleureuses bibises

  2. Ton poème se pare, comme l’automne auquel il rend hommage, de jolies teintes derrière les premiers frissons et le discours nostalgique… C’est là toute la magie de cette saison en clair-obscur : laisser entrevoir la douceur, toute la richesse et la beauté de ses camaïeux de roux, de pourpre et de jaune bien au-delà de la pluie et du vent… C’est aussi toute la magie de ta poésie…

    Mes amitiés Yannig

    • Belles portées qu’ont tes mots sur mes émotions, Emma !
      Bien oui, la magie de l’été s’estompe, ne laissant plus que cette frustrante addiction à la désirer encore. Et puis, comme tu dis : pour faire l’ombre, il faut la lumière…

      Merci pour ta lecture attentive et pour l’impression déposée, avec mes chaleureuses pensées.

  3. J’aime la façon dont tu décris la déclinaison de la saison vers l’automne. On se sent proche de la nature par tes mots à la fois si colorés et nostalgiques d’une saison qui s’écoule lentement.
    Merci de cet agréable moment de lecture .
    Amicales pensées .

    • Merci infiniment, Lucia, je suis sincèrement heureux que tu aies aimé la façon dont je décris l’automne qui arrive à grandes enjambées.

      Ta visite m’enchante et me réjouit au possible, Lucia, je dépose à tes pieds un merci ému.
      Chaleureuses pensées

  4. Poète ! reste dans ce corps et cet esprit qui rendent mille éclats aux choses les plus ternes. Tes mots ont la magie de la palette de couleurs des peintres paysagistes et leurs sonorités la mélodie de la harpe et du violon. Grâce à toi, l’automne, souvent redouté pour ce « dénudement » (dico perso) de la nature et la tristesse des cieux, devient un monde féerique sur des chemins ombrés d’arbres squelettiques, parsemés de feuilles rouilles, or, brunes crissant sous nos pieds.
    Cela sent bon la terre humide des petits matins frais où le brouillard aime à s’attarder. Cela sent bon le bois sec flambant dans la cheminée au retour d’une promenade….
    Bref, tu l’auras compris mon cher Yannig, ton automne donne l’envie d’y être déjà, et c’est une prouesse en ce qui me concerne tant j’appréhende cette saison et son déluge de spleen. Comme quoi, les mots, grâce à ceux comme toi qui savent en faire des joyaux d’ombres et de lumières, les mots ont un pouvoir bienfaisants. Merci poète, surtout ne change pas, ton lyrisme, ton romantisme, nous sont trop précieux .
    Amicalement bisous 🙂
    Hélène

    • Hélène, je suis tellement honoré de recevoir tes éloges, que j’ai du mal à trouver les mots pour exprimer ma joie !
      Je pourrais peut-être te témoigner ma reconnaissance de m’avoir donné l’envie et les moyens de progresser, te parler du plaisir que j’ai à lire ta poésie, de la chance que j’ai de te côtoyer depuis plusieurs années. Bref, tu figures en première position sur la liste des personnes qui m’ont aidé à accomplir ce pour quoi tu me complimentes maintenant, c’est donc normal que tu en soies des plus chaleureusement remerciée.
      Grâce à toi (entre autres) je me dis que je pourrai devenir un poète (un peu) brillant, un de ces jours.

      Ceci dit, je pense qu’il n’y a guère que les poètes (et les peintres impressionnistes) en fait, qui sont capables de faire de l’été qui s’achève, un moment festif ! Tu ne me contrediras pas, sans nul doute.

      Avec mes plus vifs remerciements, des chaleureuses bibises.

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