Je dormais, solitaire…

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Mollement bercé de sibyllines musiques,
(Y trouvant jouissance, en-deçà, au-delà)
Je dormais, solitaire, et rêvais ce soir-là :
D’unir dans un baiser nos ombres génésiques
Ô l’inexprimable chose ! Les doigts magiques
Et l’ardeur dressée de Maria Yudina
Sublimaient au piano une sonate en La
Qui flottait, vibrant clair à nos cœurs nostalgiques
Et notre amour passé, tel un astre adoré,
Dans la nuit émergeait, enfin remémoré ;
Jamais, au grand jamais, une extase aussi brève
Ne fut si douce à l’âme, en ses ondes d’émois !
Le son d’un violon, fort et tendre à la fois,
(Fortuitement, certes) s’est glissé dans mon rêve.
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© Yannig WaTeL 04 décembre 2015
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14 réflexions sur “Je dormais, solitaire…

  1. Entre rêves et maux, entre violon et marteau…. la nuit glisse dans les rêves tout autant que dans les souffrances…Très beau Yannig… bisous

    • Un immense merci d’avoir prêté attention à mon poème, Flore, ainsi que pour l’analyse approfondie que tu en fais. Merci pour les trésors de sagesse intuitive déployés dans tes mots !
      Tu y vois l’expression d’une certaine souffrance…. Tout ceci m’inquiète ! Je voulais évoquer un état d’être qui se situerait entre la nostalgie du passé et l’espérance en l’avenir…

      Je t’embrasse

  2. Une sonate poétique qu’accompagne admirablement la voix et la chanson de « La grande Sophie ». Les marteaux du piano cognent oui, mais c’est le jeux de tes assonances qui résonne jusqu’au bout de tes rimes, peut-être est-ce l’écho des battements de ton coeur quand les étoiles en archets dansent sur un rayon de lune comme sur les cordes d’un violon.
    Poésie en osmose avec l’univers, ta perception visuelle et auditive (transcendée par des instruments de musique) des éléments qui constituent le grand Tout, tels des orages d’été bienfaisants, délivre une charge émotionnelle d’une grande ampleur.
    Tes vers s’étirent comme le fil de ta vie entre l’éternel passé, le réel présent, l’infini avenir.
    Un joli sonnet écrit avec cette encre fine et sensible qui te caractérise : tu es poète, c’est indéniable.
    Merci Yannig
    Bisous
    Ln

    P.S. ; les lecteurs sont dans les magasins pour les achats de Noël, je les ai croisés 🙂

    • Merci infiniment, Hélène, pour ta pensée fidèle et pour ta façon unique de souligner mes qualités d’écriture !
      Bon, le problème maintenant, c’est que j’ai peur de me tromper sur ma vraie valeur !
      Non, bien sûr tu me connais… Je garde les pieds sur les épaules, malgré tout ! 🙂
      Et puis tu l’as remarqué, sans doute… J’aurais encore 2 ou 3 petites bricoles à corriger pour que ce poème mérite l’appellation de « sonnet véritable ».

      Encore merci, Hélène, tu sais que tes encouragements sont à ma poésie… ce que l’eau est à la plante 😉
      Chaleureuses bibises

      ps : en parlant de plante et de pieds… je suis sûr que bientôt, avec un peu de persévérance, je finirai par t’arriver… à la plante des pieds !

    • Heu, tu veux dire : « jeu dormais, solitaire » ?
      Ah mais non, suis-je bêêêteuh ! 😉 il fallait lire « le jeu de tes assonances… » sans X à jeu !
      bah oui, je comprends… c’est l’émotion ! 🙂
      Les lecteurs…. les lectrices aussi… auront rectifié d’eux/d’elles mêmes !
      bises

  3. Bonjour Yannig,

    Un sonnet qui sonne bien aux oreilles : jolie musique !
    Ne manquerait-il point un pied au second vers ? J’aurais commencer par :  » Et y trouvant ….  »
    Mais je pinaille !
    Très bonne journée et merci d’être passé chez moi !

    Pierre

    • Merci beaucoup Pierre, pour la lecture attentive et pour l’appréciation.
      Concernant le vers cité : en prenant en compte la diérèse à « jou/i/ssance » on arrive bien à 12 syllabes. (il n’y a pas de mal à faire durer le plaisir) 😉
      Donc, ajouter « Et » allongerait la cadence du vers à 13 syllabes (à cause de ladite diérèse à jouissance) mais aussi, provoquerait un hiatus (Et y…) hiatus que la plupart des poètes évitent encore avec soin.

      Merci pour le commentaire participatif, Pierre, j’apprécie quand mes publications donnent matière à discussion.
      Je vous dis à très bientôt, avec mon plus amical salut.

  4. Je trouve tes vers absolument simplement sublimes et je m’abstiendrai de tout esprit critique car à la belle plume du poète, la mienne ne saurait point égaler.
    Pensées amicales

    • Merci infiniment, Lucia, pour la tendresse des mots et pour le bel éloge, cela me va droit au cœur.

      En vérité, je cherchais à écrire l’œuvre qui me ferait passer du statut de… poète « moyen » à… poète « assez bon » !

      J’ose la bise 😉

  5. Il est toujours agréable et salutaire de se remémorer ses tendresses passées… si la nuit est propice à la remontée de ces doux et mélodieux souvenirs, c’est que tu es seul à ces moments-là et que personne, alors, ne saurait les troubler… Sans trop s’attarder sur les rêves, il est bon, parfois, de s’y réchauffer…

    Mes amitiés Yannig

    • Je peux lire en tes mots une pensée intense, Emma, je vois que tu as su distinguer de façon claire l’essence de ce poème… Je te remercie pour les impressions déposées.

      Je te souhaite d’agréables fêtes de fin d’année, amicalement.

    • Alors là, je trouve que vous y allez un petit peu fort, tout de même !
      Je me serais bien contenté d’un simple… « prodigieux » ! Mais, si vous le dites. J’accepte avec grand plaisir le témoignage d’admiration que vous portez à ce poème.
      Merci beaucoup.

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