Blanditiæ

84537
xXx
Ah ! La volupté vraie, sans cesse rallumée
Par ses beaux yeux de braise (où couvaient des grands feux)
Et l’agreste senteur qu’exhalaient ses cheveux,
Quand s’ouvrait à moi seul son alcôve embaumée !
Nuages serpentants, écheveaux de fumée,
Suspendaient pour un temps nos candides aveux ;
Mon prénom muRmuré, un simple « oui je veux ! »,
Électrisaient ma chair et mon âme enflammée
Mais, pouvais-je ignorer ce double envoûtement ?
Tout un monde enchanté, invisible, énigmatique,
Nous endiablait l’un l’autre, infusait lentement
Fut-ce poison ? Venin ? ChaRme fantasmatique ?
CaRmen était blonde et son sourire discret
Voulait dire « prends-moi ! » ; c’était là son secret.
xXx
© Yannig WaTeL 14 février 2016
xXx
.

.
Publicités

11 réflexions sur “Blanditiæ

  1. Alors là ! Nous sommes loin de « la sein va-t-en loin » si je ne m’abuse cher Yannig (pour reprendre en partie l’en-tête de ton précédent poème 🙂
    Ce sonnet est joliment construit et le fond est un ravissement.
    Je dois aller me sustenter, bien que la poésie nourrisse l’âme, je reviendrai donc dans quelques heures pour mieux « décortiquer »…
    Bises à bientôt,
    Hélène

    • Je parie que tu as remarqué que la pierre angulaire de ce sonnet (dont j’ignore si la forme est correcte au niveau des tercets et si ça porte un nom) la pierre angulaire, disais-je, c’est cette magnifique antonomase qui fait référence au personnage de Carmen, la très populaire bohémienne andalouse effrontée et cigarière à la manufacture des tabacs de Séville, celle-là même qui chantait dans sa célèbre habanera :
      « L’amour est un oiseau rebelle/Que nul ne peut apprivoiser » ou bien encore « Si tu ne m’aimes pas, je t’aime/Et si je t’aime, prends garde à toi ! »

      Soit dit en passant, j’ai toujours préféré Carmen à Esméralda… (sourire malicieux)

      Et donc, forcément, en ce 14/2 fête de l’Amour… Je me devais de parler… d’amour… Voilà, c’est fait ! Et sans trop de :
      Je t’aime ô mon amour,
      Un peu plus chaque jour
      … blablabla
      …. et cætera.

      Merci d’être venue me témoigner ton enthousiasme, Hélène, j’espère qu’il sera communicatif !
      Chaleureuses bibises

      • Une fumeuse antonomase effectivement ! c’est en relisant que j’ai compris 🙂 alors là tu m’épates Yannig ! Une Carmen qui sait entretenir la tentation…et ne laisse jamais personne la quitter facilement. Tu vois que tu n’es pas si seul que cela, en voici au moins une qui tient à toi et t’enveloppe avec tendresse dans les volutes de ses cheveux blonds…
        Les tercets ? Ils expriment si bien tes sentiments qu’importe peu leur qualificatif, l’alternance est bonne.
        Bisous à bientôt !
        Hélène

        • Ah mais c’est que j’ai un mythe à entretenir, Hélène… Ce mythe du poète maudit, voué à une vie de solitude et dont le cœur pèse lourd d’amertume, de regrets et de remords aussi, poète débraillé dont quelques vieux souvenirs hantent l’esprit ; amertume, regrets, remords et souvenirs qu’il relate, seul dans son obscure mansarde (après avoir dîné solitairement et ivrognement) dans des poèmes qui ne seront de toute façon lus que par ses seuls yeux larmoyants (ah, ses poèmes, ses vieux compagnons de souffrance !) qu’il rédige jusqu’au bout de ses nuits blêmes et qui le protègent de son isolement misanthropique… Un poète qui se dit parfois, dans de rares moments de lucidité, qu’il devrait être encore capable d’aimer et qu’il peut être aimé encore… S’il cessait de chercher à se tenir à l’écart de ses semblables, les humains ! ( ͡°╭͜ʖ╮͡° )

          rires ! 🙂

          Merci pour la double visite, c’est un double enchantement, Hélène, je suis ravi de te faire partager mes progrès en écriture.

          Chaleureuses bibises.

          • Alors, si ce poète qui ne voit du soleil que la face sans lumière, de la lune que la face cachée, de la femme que la face la plus tortueuse, de la terre que les entrailles éruptives et nauséabondes, de l’homme que la face la plus monstrueuse, arrive malgré la nuit qui l’entraine dans l’obscurité macabre de entrailles de la terre, malgré ses lacs qui, contrairement à celui de Lamartine, ne sont que les copies conformes des eaux stagnantes du styx, alors, si ce poète « dans de rares moments de lucidité, » pense « qu’il devrait être encore capable d’aimer et qu’il peut être aimé encore », le voilà sauvé ! 🙂 Ouf !!!!

  2. Une Carmen blonde? Pourquoi pas puisqu’il s’agit d’antonomase. Ta Saint-Valentin fut donc très réussie et le restera dans ces mots pour nos yeux brillants et subjugués par tant de… suggestion. Il y a bien ce vers « …….énigmatique » qui accroche un peu…mais qui suis-je pour éplucher une si belle réussite (tes yeux peuvent sécher, te voilà lu). Superbe

    • Hé oui, Pat… Une Carmen, une Esmeralda, un Don Juan, un Apollon, un Tartuffe…. Tout ça, c’est des antonomases ! 🙂
      C’est vrai, elle était chaude comme la braise, cette blondasse ! Et bien roulée avec ça… Bon, on va arrêter là avec les métaphores et la trivialité ! 😉

      Sinon, pour le vers : « Tout un monde enchanté, invisible, énigmatique, » que je trouve pas super-super, en effet… Comme j’avais prévu de caser « fantasmatique » j’ai pas trouvé mieux que « énigmatique » pour la rime. Voilà-voilà !

      Merci pour le passage par ici, ainsi que pour l’avis déposé, c’est apprécié. Je retiens le « superbe » !
      A +

  3. Et comment ne pas être inspiré devant tant de beauté ! Blonde de surcroît …
    Ce n’est plus le romantisme auquel nous étions habitués, on sent le poète libéré, ce côté coquin qui te va bien, c’est très réussi.
    Bonne soirée
    Bisous

    • Oui, je crois que ce poème contient un peu plus de valeur affective qu’à l’accoutumée, Lucia, je ne t’ai pas fait rougir, j’espère, avec mes coquineries ! 😉

      Merci pour la charmante visite et pour les généreux compliments, que j’accepte de tout cœur.

      Chaleureuses bibises

    • Merci beaucoup, ami Arverne, pour le trait d’esprit !
      Je crois bien que cette petite facétie poétique est en passe de se tailler un vif succès d’estime, on dirait que le sujet plait, avec son bon plaisir assumé et sa fin heureuse !
      En vérité, j’ai craint que ma Carmen ne se mette à jouer l’Arlésienne… 😉

      Avec mon plus amical salut

Les commentaires sont fermés.