Tel grand cygne éthéré, parti…

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Un jour, je me suis dit : « poète, à quoi sers-tu ? »
Peu enclin à laisser les questions sans réponses,
J’ai accordé mon luth ; je me suis revêtu
D’éclairs brillants, d’or et métaphores absconses !
Je trace désormais des vers à tout moment ;
Et c’est tantôt Gaieté, tantôt Mélancolie,
— Ou les deux à la fois, mêlées intimement —
Qui berce de ses chants ma légère folie !
C’est l’oubli consenti et c’est l’amour vainqueur
Qui tombent à propos, lorsque, d’un trait j’exprime
En langage imagé ce que j’ai sur le cœur :
Plaisir éprouvé, spleen, ou désespoir ultime
Mais, mon spleen… C’est bien tout ce que j’emporterai
Le long du grand chemin vers la Nuit éternelle,
— Lorsque viendra mon tour… Enfin… Quand je mourrai —
Lavé de tout orgueil ; dans la paix solennelle !
Parce qu’il n’est pas dit que mes vers survivront !
Qui voudra évoquer ma pauvre âme enterrée,
(Tout aimé que je sois) quand au Ciel s’en iront :
Rimes fières, mots blancs, écriture éthérée ?
Ah ! Sur ma tombe, alors, mes amis me diront :
« Quel don as-tu reçu, pour se faire confondre
En des nimbes ardents les moiteurs de ton front ? »
Seul, peut-être, un poète aurait su leur répondre.
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© Yannig WaTeL 14 mars 2016
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Position d’attente

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« Jai pris pour habitude (et c’est chose cruelle)
D’espérer, languissante, une voix qui m’appelle,
Me tient chaud et m’endort ; ou m’invite à l’amour !
En manque d’un mot doux, rêvant au geste tendre :
J’ai passé cette nuit dans la fièvre, à t’attendre !
Délectablement seule, à l’instant où le jour
Vient répandre sur moi sa lumière nouvelle
C’est douleur et délice à la fois ! » me dit-elle.
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© Yannig WaTeL 03 mars 2016
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