Position d’attente

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« Jai pris pour habitude (et c’est chose cruelle)
D’espérer, languissante, une voix qui m’appelle,
Me tient chaud et m’endort ; ou m’invite à l’amour !
En manque d’un mot doux, rêvant au geste tendre :
J’ai passé cette nuit dans la fièvre, à t’attendre !
Délectablement seule, à l’instant où le jour
Vient répandre sur moi sa lumière nouvelle
C’est douleur et délice à la fois ! » me dit-elle.
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© Yannig WaTeL 03 mars 2016
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Blanditiæ

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Ah ! La volupté vraie, sans cesse rallumée
Par ses beaux yeux de braise (où couvaient des grands feux)
Et l’agreste senteur qu’exhalaient ses cheveux,
Quand s’ouvrait à moi seul son alcôve embaumée !
Nuages serpentants, écheveaux de fumée,
Suspendaient pour un temps nos candides aveux ;
Mon prénom muRmuré, un simple « oui je veux ! »,
Électrisaient ma chair et mon âme enflammée
Mais, pouvais-je ignorer ce double envoûtement ?
Tout un monde enchanté, invisible, énigmatique,
Nous endiablait l’un l’autre, infusait lentement
Fut-ce poison ? Venin ? ChaRme fantasmatique ?
CaRmen était blonde et son sourire discret
Voulait dire « prends-moi ! » ; c’était là son secret.
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© Yannig WaTeL 14 février 2016
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Seul

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[ en prélude à la Saint-Va-t'en loin ]

Seul, malgré moi pourtant, mais heureux d’être seul,
Je trouve un peu de paix en flânant sur les terres
(Allées discrètes, parc, efflorescents parterres)
D’un homme simple et bon, mon respectable aïeul
Au bout de quelque temps, les arbres centenaires
(Mes vieux frères loyaux, mes fidèles amis),
Loin de s’en effarer semblent avoir soumis :
La lumière instable et les mauvais vents contraires !
Au bout de peu d’instants, l’électrique frisson
(Celui grisant et fort de la joie retrouvée)
Communique à l’esprit l’allégresse avivée :
Je récite des vers, murmure une chanson
Rien ne trouble à présent, ni le lieu, ni ma vie :
C’en est fait des passions et du grand sentiment !
Droit et calme je vais, bonnement, gentiment ;
Et sans plus m’inquiéter, je chante mon envie
De crier à l’Amour : « Va-t’en donc ! Va-t’en loin
De mon cœur mis à nu, de mon cœur sans défense ! »
Quoiqu’à l’Amour aussi, je pardonne l’offense
De m’avoir fui longtemps ; le Ciel m’en soit témoin.
© Yannig WaTeL 08 février 2016

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Infirmière (version tout public)

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Connaissez-vous celle qui me sert d’infirmière ?
Chez elle, je viens mettre un baume à mes douleurs,
M’enivrer de parfums, de musique et de fleurs ;
Je respire à longs traits l’air pur et la lumière
Puis, tout haut je fais un rêve profane, un vœu,
En pressant sur mon cœur sa poitrine ingénue :
(Fût-ce une promesse non encore tenue)
De prolonger ma vie avec la sienne, un peu !
C’est ainsi qu’attendrie, indulgente et sensible
À mes aveux tremblants tout baignés de mes pleurs :
Elle apaise, par un baiser seul, mes malheurs !

Le reste n’est rien quand l’amour peut l’impossible.
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© Yannig WaTeL 27 juillet 2015
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Un destin qui ne serait pas aveugle

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Vous ai-je dit souvent, la fatalité d’être
Au spectre d’une femme intimement lié,
Ne voyant plus qu’en rêve un amour oublié ;
L’espérant voir un jour, de plus belle renaître ?
Sort étrange, aujourd’hui je le sens vivre enfin !
Venue ressusciter ma naïve espérance :
À l’oreille, tout bas, ma muse de romance
M’a promis la Lune et… Des nuits tramées d’or fin !
Dans tout, dès lors, je vois traits de feu et lumières
– En mille aspects divers passant de l’âme aux yeux –
Faire action suprême au plus ardent de mes vœux,
De rendre à ma vie ses délices coutumières.
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© Yannig WaTeL 22 juin 2015
-♕-
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Guinguette de la Marine

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Nous chantons, tous les soirs (unissant nos clameurs)
Pour faire guincher les amoureux en goguette,
Dans les joyeux flonflons d’une simple guinguette
Où fringants matelots (les bras chargés de fleurs)
Sollicitent gaiement de jolies jouvencelles
Aux yeux pleins de candeur autant que d’étincelles
Et sitôt que tournoient en riant les danseurs,
Nous n’avons (comme dans tous les bals de la Terre)
Autour de nous ni pleurs, ni souffrance, ni guerre :
Mélanges de parfums, d’haleines, de sueurs
Et sons d’accordéon (c’est chose quotidienne)
Jusqu’aux aurores, vont. Et qu’à cela ne tienne !
Bons vivants, gais lurons, joyeux drilles, noceurs
– Ayant bu l’amour et la vie jusqu’à l’ivresse –
Se joignent tous les soirs (soirs de vive allégresse)
En d’aimables façons, au cortège des cœurs.
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© Yannig WaTeL 14 juin 2015
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Crépuscules

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crédit image : juliendouvier.tumblr.com

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Je t’écris, appuyé à la vitre d’un train
Qui me conduit bien loin, vers une autre existence :
Repos, paix solitaire et silence d’airain
M’attendent au bout du voyage qui commence !
Dans le clair-obscur du crépuscule installé,
J’imagine (à l’heure où tu lis ces quelques lignes)
Ta mine, pensive du bonheur en allé,
Agréant l’abandon auquel tu te résignes
Et je devine, sur tes lèvres les « pourquoi ? »
Mais… Après sept ans de loyauté assidue,
J’aurais fait de même avec une autre que toi !
Puis, d’aucuns te diront que c’est chose entendue :
Les jours de délices viennent, puis s’en vont ;
C’est la Vie qui le veut, vénérable et sacrée !
Des couples se refont quand d’autres se défont ;
Tout se transforme, rien ne meurt ni ne se crée !
Ainsi s’en va l’Amour… À peine a-t-il cessé
Que déjà l’oubli vient ! L’heureuse agonie sonne,
Pourquoi donc des regrets ? Car si je fus blessé :
Mon cœur, comme le tien, se console et pardonne !
Adieu, mon ange, adieu ! Surtout, garde la foi ;
Ne laisse pas le froid s’infuser dans ton âme !
Concernant tout ce qui t’attache encore à moi :
Fais-en donc, pour la peine, une vivace flamme.
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© Yannig WaTeL  06 juin 2015
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Loin de tout

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Tenu à l’écart, loin des bruits gais de la plage,
Sous le regard doux que me fait le ciel du soir :
Dès le jour ennuyeux fini, je viens m’asseoir
Sur un banc familier dominant le rivage
Comme saisi de fièvre, mon cœur mis à nu
S’y brûle d’ardeur froide et de mélancolie,
Parce qu’il se souvient (quand ma mémoire oublie)
Du seul grand amour que dans ma vie j’ai connu
Là, pas de visage dessiné sur le sable
(Ni même son prénom) à-demi effacé ;
Pas plus que de serment à la hâte tracé !
La sachant lointaine, perdue, insaisissable…
La chose est entendue, pourtant, que nous avions
En lieu et en place d’un exil volontaire :
Tant de promesses à tenir et tant à faire !
Fut-il admis que, nous mal-aimant, nous rêvions ?
Inguérissable ennui, regrets et pénitence
– Dès lors qu’elle a jeté aux vents mes illusions –
Entraînent dans leur cours mes très chères visions :
Ainsi, depuis douze ans, coule mon existence.
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© Yannig WaTeL  30 mai 2015
ℑìℑì

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De suprêmes adieux

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Elle est là, qui sommeille (ou fait-elle semblant) ;
Toute rose encore de nos amours fidèles !
Emmitouflé d’ombres, œil brillant, cœur tremblant :
Je lui cause, en baisant mille fois ses mains frêles
« Adieu, mon ange, adieu ! Le désir m’est venu
De partir pour toujours (et vivre en solitaire)
Vers un monde nouveau, un rivage inconnu ;
L’attente a trop duré, je brûlais de le faire
Cependant qu’avec toi les temps m’ont semblé beaux,
Je ne puis être heureux (tout comme l’hirondelle)
Qu’en suivant le zéphyr, qu’en planant sur les eaux ;
Car voilà mon sort, la mer immense m’appelle !
Quant à nos souvenirs… Fais-les donc s’envoler,
Mais laisse-moi sentir, avant que je m’en aille :
Une suprême fois, nos lèvres se frôler ! »
De l’aimer j’ai quitté l’idée, vaille que vaille.
© Yannig WaTeL  21 mai 2015
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Soliloque

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« S‘il n’en reste qu’une, tu seras celle-là
Et mon cœur pur, toujours, t’aimera sans partage ! »
Huit ans sont passés mais, chaque jour davantage :
Je me surprends même à croire encore à cela !
Je laisse parler (en rêve) ma voix confuse ;
De cesse n’ayant plus que, de soliloquer :
Mon orgueil lance un « tu as failli me manquer ! »
– Symbole d’un retour que la Vie me refuse –
Je lui raconte tout ce qui fait mon malheur :
Huit années d’attentes, puis de mélancolie
Et d’amour très grand puis, d’espérance abolie,
Rancunes et pardons, sédation et douleur
Je ne m’excuse pas, contre toute apparence,
– En faisant mine de bichonner ses cheveux –
Mais, lui fais (sans témoins) d’intrépides aveux :
« Si tu savais comment j’ai souffert ton absence
Mais, que souffrir n’est rien quand je songe combien
Gagneraient en éclat nos âmes affaiblies,
(Quoique tu ne m’aimes plus, quoique tu m’oublies)
Si ton cœur, à nouveau, battait contre le mien. »
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© Yannig WaTeL  03 mai 2015
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La décrire

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Trouverai-je jamais les mots pour la décrire ?
Par les yeux du rêve seulement, contemplés :
Ses pommettes hautes ; son très rouge sourire,
Font un bel amalgame, aussitôt assemblés
À ses cheveux blonds ; à sa peau de nacre fine,
Où se confine une âme immensément divine
– Sous des airs délicats, de mystères peuplés –
Et du buste jusques aux jambes fuselées :
Très patiemment, des doigts d’orfèvres divins
Semblent avoir poli ses longs traits droits et fins,
D’ombres d’or autant que de clartés étoilées
Ah que ne suis-je vizir, prince ou bien émir !
J’aurais pu, dessus les étoffes potelées
D’un sofa, sous les plus doux baisers, l’endormir.
© Yannig WaTeL  14 mars 2015

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Les souvenirs brûlants

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Pas un jour ne commence ni n’expire,
Sans qu’un souvenir de nos dix-huit ans
– Par les prétextes les plus incitants –
Ne m’ébranle le cœur ou ne m’inspire !
Aujourd’hui même, je vois nos amours
Sous les traits de créatures ailées
– D’un sommeil centenaire, réveillées –
Me tendre les bras, vivantes toujours :
-– Peu à peu, ton ombre en fuite furtive
Ondule, tressaille et propage en moi
Ses ondes inexprimables d’émoi ;
Je suis tel qu’en transe contemplative
Tes cheveux blonds, noués en catogan
S’irisent, en cascade sensuelle ;
Avec une langueur spirituelle,
Au milieu d’eux je goûte l’ouragan
Je suis navire essuyant la tempête
– Sur une mer aux flots extravagants –
Et cherche loin, tes replis élégants ;
Comme souvent dans mes soirs de conquête
Et comme souvent : du divan profond,
Les extases (car ma bouche éperdue
À pleines dents marque ta gorge nue)
Essaiment, légères, jusqu’au plafond
Et nos âmes montent vers l’empyrée,
Accrochant au passage, calmement :
Deux clartés constellées au firmament ;
Plus sereines qu’une aurore azurée –-
Le jour expire, ô instants radieux !
C’est l’heure lente où s’apprête le rêve :
Mon cœur s’ébranle, mon esprit s’élève
Et la Terre entière atteint les cieux.
-ຂ-
© Yannig WaTeL  08 mars 2015
-ຂ-