J’aime en secret et souffre en silence

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J‘aime en secret ; elle-même l’ignore :
Une citoyenne d’un pays étranger
Qui rend mes songes lourds et mon sommeil léger ;
(Un sommeil, malgré moi, toujours sonore) !
C’est un minois à l’ovale charmant,
Un teint de porcelaine, une allure de cygne ;
C’est la Grâce incarnée – qui parfois me fait signe –
Que je crois entrevoir en m’endormant
Elle est beauté de corps et bonté d’âme
Qui va, répandant sur tout, son rire vainqueur
Et ses baisers ! Moi, las je m’épuise en langueur,
Cherchant pour mon cœur un baume, un dictame !
Et quand la peine prend visage humain :
Des larmes que mes yeux contiennent encore,
– Fleur de volupté douce, cueillie à l’aurore –
Elle fait un miel pour le lendemain
C’est elle pourtant, voix de confidence,
Qui renouvelle, chaque jour, mon doux courroux !
Mais, est-ce vraiment aimer que d’être jaloux ?
La douleur se tait ; je souffre en silence.

© Yannig WaTeL 23 février 2015
 

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Joï

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Le charme oscillait, platoniquement :
Juste effleurée, la moitié de moi-même
Tendait ses bras vers le rêve suprême
De l’aimer et l’aimer uniquement
Comme si, des siècles : le dix-huitième
Sans être importun mais, secrètement,
Tissait une trame d’enchantement ;
Parmi les cieux, nous vivions au septième
Nos pensées prenaient le même chemin,
Un peu de mon cœur vibrant dans sa main ;
Et je m’attachais un peu plus à elle
Je rêvais, mon corps mitoyen du sien :
Violon, j’étais ! Elle, archet magicien !
Un désir flottait, de vie éternelle.

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© Yannig WaTeL  10 janvier 2015
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Myriades

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« … Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine. »
[ Guillaume Apollinaire ]

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Toujours, j’aurai au cœur ces images lointaines
En myriades multipliées par centaines,
Où tel un printemps blanc : l’amour d’elle était fou !
Les beaux jours fluaient, clairs comme l’eau des fontaines
Et le bonheur nous venait, on ne savait d’où
Son regard azur, aussi vrai qu’il m’en souvienne,
Vivant miroir semblant bleu des reflets du ciel :
Prolongeait sans fin une tendresse ancienne
D’or sentimental, de braise ardente et de miel
Et nos serments émus ? Ma mémoire en est pleine !
  S’y forge l’unique, l’immortel souvenir :
Que toujours nous venait la joie ; jamais la peine
Et s’y perpétue l’espoir, que vont s’infinir
Là-haut, dans d’autres sphères pour nos vies prochaines :
Nos cœurs, heureux enfin d’avoir aimé, sans chaînes.
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© Yannig WaTeL – 05 janvier 2015
-ճ-
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L’éternité dans un baiser

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C‘était au premier jour d’une idylle naissante ;
Une œillade lancée, par le plus pur hasard
Vers la fixité bleue ardoisée d’un regard,
Couronnait mon front de son onde caressante
Fut-ce un présage heureux ? Le charme, s’exerçant,
Tisonnait ardemment une douce étincelle ;
Le Destin l’a voulu, dans son art il excelle !
Ce fut le premier soir d’un amour commençant
Des limbes insondés m’entrouvraient leurs mystères :
Nudités de cœur, d’âme et de chair, ô plaisir
Que mes yeux polissons s’amusaient à saisir,
Jusqu’à former eux-mêmes de brûlants cratères !
Nous étions seuls au monde et nul autre que nous
Ne savait ô combien une bouche charnue
Transporte et accroît l’éternité contenue
Dans nos bras enlacés tout autour de nos cous
Jamais, je n’ai vécu nuit plus folle, plus belle !
Comme un diadème, comme un fervent flambeau
Son souvenir brille, éblouissant, clair et beau ;
Malgré l’Amour parti, chaque instant me rappelle
Le parfum qu’a laissé sur la mienne, sa peau.
↜↝
© Yannig WaTeL ౼ 08 décembre 2014
↜↝


En mémoire aimante

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C‘est en mémoire aimante des clameurs joyeuses
Et des allégresses folles parties bien loin
Que, souvenance émue d’images merveilleuses
Me revient, pour une large part sans témoin
Sans témoin, je mets à nu mon cœur solitaire,
Me recueille et toujours : un regard azuré
Nitide et pur comme d’une source l’eau claire
Se dessine, en écho à ton nom murmuré
Se figurent alors les souvenirs sans nombre
De soirs où la lune opalisait son reflet :
Je revois Jeunesse et Amour, dans la pénombre
Danser, souffle contre souffle, un divin ballet
Et je revois tes yeux, obscur brasier d’étoiles
D’où tombaient des clartés, des éclats fascinants
Et des flammes, quand la nuit argentait ses voiles,
Prêtait son mystère aux tourbillons entraînants
Ô mémoire aimante, sans cesse rajeunie !
Je vous aime aussi ô mes souvenirs qu’un soir,
J’ai valsé et chanté ma tendresse infinie
Tandis que l’orage fouettait le ciel noir !
Ce soir-là, tes doigts rehaussés d’orfèvreries
Berçaient l’archet d’or d’un violon amoureux
Et ta musique m’offrait ses cajoleries ;
Ô le grand mystère : sous la pluie, être heureux !

© Yannig WaTeL 14 novembre 2014

Plus personne ne vient…

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Plus personne ne vient charmer le grand salon
Dont tu fus le mélodieux décor ubiquiste :
Le lieu est resté vide, vacant et triste ;
Jamais plus ici ne bruira ton violon !
En subsiste un écho : les notes conquérantes
Toutes de feu autrefois – de glace aujourd’hui,
Qu’a laissées dans l’espace le bonheur enfui
En cueillaison de musique et de fleurs mourantes
Ô que tout semble éloigné de mes yeux mouillés
Quand la nuit, dans son immensité glaciale,
Chasse le sommeil ; quand ton âme liliale
Plane sur mon corps et mon cœur agenouillés !
Nul ne le sait : la maison entière s’est tue ;
Un ciel clair d’étoiles et de raffinement
Certains soirs, endort la chambre enfantinement,
Qui se plait à languir, de silence vêtue
Car la maison tout entière attend ton retour
Et se mire au cristal pur d’un rêve grandiose :
Après un baiser, ô suprême apothéose,
Tu me dis tout bas des mots d’indicible amour.

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© Yannig WaTeL 03 novembre 2014

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Au jour le jour

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J‘ai vécu au jour le jour, dans l’attente heureuse
De te revoir ! Avec un savoureux plaisir,
Sans remords ni haine, j’ai goûté à loisir :
De mon cœur grand ouvert, la blessure amoureuse
Que tu m’aimais toujours, j’ai caressé l’espoir,
Avec des yeux d’enfant qui découvre le monde
Et j’ai ressenti, à chaque instant plus profonde :
Ta présence étreignant le grand calme du soir
Sais-tu que, le gîte, le couvert et la table :
Tout encore – y compris le pardon – t’attendait ?
Voilà pourquoi, sans doute, le Temps suspendait
Contre toute espérance, son vol redoutable !
Et voilà pourquoi, sans trompette ni tambour,
Loin des scherzos de ton violon ubiquiste ;
Seul avec ma candeur d’âme, ni gai ni triste :
Sans rien regretter, j’ai vécu au jour le jour.

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© Yannig WaTeL  29 octobre 2014

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Petite suite de deux madrigaux

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[ I ]
Madrigal un peu cavalier
Tu me trouveras sans doute un peu cavalier
Si, à minuit sonnant je monte l’escalier
Qui mène à ta chambre, pour mille fois te dire
Je t’aime ! Et plus ardent et plus prompt que l’éclair,
Succomber – corps et âme – au péché de la chair :
Dans ton lit, indubitablement, m’introduire.

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[ II ]
Madrigal galant
Vous raffolez, dit-on, de manières galantes ?
Acceptez que je porte à mes lèvres brûlantes
Votre main ! Et sentez comme aura palpité
Mon cœur, qui vous parle, qui vous dit en silence
Combien est grand le plaisir qui suit l’impatience
De serrer contre soi un peu d’éternité.

© Yannig WaTeL → 17 octobre 2014

Toujours, j’ai ce rêve brûlant

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Indien, l’été fervemment s’entête et chatoie
Et, comme le vent et comme un hymne à la joie,
De grands espoirs me viennent en longs crescendos :
Que le mauvais sort, enfin, me tourne le dos !
J’entrevois, au loin, d’une route coutumière
Les lignes sinueuses tramées de lumière
Les yeux au Ciel, à la vêprée de chaque jour,
J’attends que sonne l’heure attendrie : le retour
De celle qui, pour moi fut l’idole chérie,
Une inspiratrice, une muse, une égérie
Mon Cœur de poète fermement amoureux,
En recevant ses dons, deviendrait plus heureux
Mes chansons d’espérance, aux quatre vents semées,
Tireraient leur brio de ses lèvres aimées
Ô vieux rêve incarné ! Ô désirs un peu fous :
Que la récolte annoncée soit au rendez-vous
Et, que s’allume comme un feu à ma prunelle
La beauté magnétique d’une Ange charnelle !
Quand mes paupières, comme autour d’elle des bras,
Se ferment, le soir : elle accompagne mes pas
Mais, jamais n’interrompt le silence sublime ;
Car toujours, j’ai ce rêve brûlant, fort, ultime,
D’un esprit qui viendrait, sur mon corps déposer :
Un regard gêné, des fleurs, peut-être un baiser.

© Yannig WaTeL  23 septembre 2014

Mon rêve éveillé

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[ à Renaud M… Avec ma plus cordiale sympathie ]

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Je rencontre, à la même heure chaque jour :
Un sémillant visage, blond comme la lune,
À qui le vent sur l’incommensurable dune
Prête son souffle, ses fredons d’amour
C’est un visage fin sur un corps de déesse
Qui, pour donner au ciel un éclat sans pareil,
Mêle ses teintes douces aux ors du Soleil ;
Ô langueur exquise, ô provocante jeunesse !
En robe blanche, dès le matin commencé,
Harmonieux ensemble fait de chair féminine :
Elle sourit, prend des couleurs et s’illumine,
Se confie à la mer, seule, sans fiancé
Ô dans son calme sourire, il passe des choses
Si nobles, qu’il me monte pérennement
À l’âme, n’empruntant d’autre ornement
Que cascades de perles et diamants roses !
C’est pourquoi, rêveur éveillé, dans les embruns
Sitôt cherchant au hasard ses pas sur le sable :
De jour en jour davantage indéfinissable,
Un frisson léger affleure mes cheveux bruns
Puis m’apparaît, à la fin, la vision brève
Qui parachève l’attente, l’espoir fiévreux
Et mes égards naïfs d’éternel amoureux
Venu sur la plage y poursuivre son rêve
Je me préfigure, alors, qu’elle vient s’asseoir
Tout contre moi et : pris d’un trouble bizarre,
Mon cœur bat son plein, l’œil brille et se chamarre
Comme quand on aime, sans l’encore savoir.

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© Yannig WaTeL – 21 septembre 2014

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Son parfum

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Quelques gouttes d’Eau de Rochas, en perles rondes :
C’est joie et bonheur en flacon, qu’avec grands soins
Elle nébulise – tout en clartés profondes
Et massives beautés – sur ses bouclettes blondes ;
Cent mille roses les parfumeraient bien moins !
Son parfum parle d’amour, semble-t-il, l’attise
Puis l’allonge encore et l’accroît tant et si bien
Qu’à la fin lente du jour : tout se poétise,
Remémore un frisson, un baiser aérien
Et nos lèvres s’y sentent en apothéoses ;
Dieu, quelle bombance charnelle ! Ô liqueur !
Tant l’air se respire et se boit entre autres choses
Pas même les fragrances d’un million de roses
Ne griseraient ainsi le corps, l’âme et le cœur.

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© Yannig WaTeL 03 août 2014

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Déjeuner au grand air

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Une cascade d’or blond et fauve, flambante,
Évoque le baiser fragilement vermeil
Reçu, enfin, des lèvres douces du Soleil
Après la pluie, la lente bruine, tombante
Hélios a maintenu haut sur l’horizon
Ses amples rais de feu ; le ciel est superbe !
Mignonne, allons veux-tu bien, déjeuner sur l’herbe :
Environnés de fleurs et d’opulent gazon !
L’humble végétal semble un tapis confortable ;
Nous y pourrons, sous les ombrages, étendus :
D’un repas champêtre fait de fruits dodus,
Faire ripaille, sans protocole ni table.

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© Yannig Watel – 08 juin 2014

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