L’été n’est plus

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crédit image : juliendouvier.tumblr.com

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Ô suave andante ! L’été qui agonise,
– Dans les vastes forêts, sur les sombres sentiers –
Aux cris des animaux sauvages, s’harmonise ;
Sous les très grands arbres (les feuillus, les fruitiers)
L’été a rassemblé, en rond, ses héritiers.
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[ 2 ]

crédit image : juliendouvier.tumblr.com

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Le Soleil, au sortir des chemins solitaires,
S’épuise en tiédeurs ; ses rayons réfractaires
Ne dorent même plus le lys pâle et fluet !
Feuilles sèches, corbeaux, citadins sédentaires,
Seuls remuent encore dans l’air froid et muet.
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© Yannig WaTeL 29 septembre 2015
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Crépuscules ambrés de septembre

crédit image : juliendouvier.tumblr.com

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Ô les frêles parfums, quand septembre s’effeuille
Pour fêter le retour de l’arrière-saison
Et qu’au jour déclinant, la forêt se recueille,
Émergeant à demi d’une étrange oraison !
Tous les reflets du ciel, comme dans un beau rêve,
Tamisent leurs contours dans le pourpre et les ors ;
Ô l’ardente langueur, qui fomente et s’élève
En dentelle d’ombres, des irréels décors !
C’est l’été qui s’enfuit à grandes enjambées,
Puis laisse l’automne chamarrer leurs couleurs
Aux hautes frondaisons, splendidement nimbées
De teintes d’incendie et d’exquises pâleurs
Mais ô les jours confus ; ces feux crépusculaires
Propageant sur nos cœurs mille peurs de mourir !
Érables, marronniers, colosses séculaires,
Bientôt seront nus et vont tantôt dépérir.
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© Yannig WaTeL 20 septembre 2015
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Diadémé d’ombre, septembre

crédit image : juliendouvier.tumblr.com

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Comme teint du sang blanc d’un lys tôt emporté,
Septembre, parfumé, de partout accompagne
Par les monts, par les vaux, à travers la campagne,
De trop rares soleils en habits de clarté
Trempée de pluie, atone en manteau de silence,
La plaine fait accueil aux vents ensorceleurs
– Toujours les mêmes vents, murmurants ou hurleurs –
Avec des frissons de tacite somnolence :
À pas lents et doux mais d’un pied hardi et sûr,
C’est l’arrière-saison, qui fait choir leurs pétales
Aux fleurs et s’endormir leurs âmes végétales,
Grappille grain à grain le raisin presque mûr
L’automne n’est pas loin ! L’hirondelle craintive
Déjà songe à quitter le nid, chercher ailleurs
Hauts clochers, blonds épis, tièdes soirs, jours meilleurs ;
Entraînant dans son cours, la feuille fugitive
Chêne, saule implorant, chèvrefeuille, gazon :
Tout va se dégarnir ! Déjà, la forêt tremble
Et l’on se croirait en novembre, tant il semble
Qu’une invisible main assombrit l’horizon !
Bientôt, nous entrerons dans un monde sans vie ;
Sans en être attristés, mais avec le regret
Des temps où, à genoux, nous allions en secret
Nous prosterner, ravis, devant Flore assouvie.
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© Yannig WaTeL 06 septembre 2015
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Infirmière (version tout public)

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Connaissez-vous celle qui me sert d’infirmière ?
Chez elle, je viens mettre un baume à mes douleurs,
M’enivrer de parfums, de musique et de fleurs ;
Je respire à longs traits l’air pur et la lumière
Puis, tout haut je fais un rêve profane, un vœu,
En pressant sur mon cœur sa poitrine ingénue :
(Fût-ce une promesse non encore tenue)
De prolonger ma vie avec la sienne, un peu !
C’est ainsi qu’attendrie, indulgente et sensible
À mes aveux tremblants tout baignés de mes pleurs :
Elle apaise, par un baiser seul, mes malheurs !

Le reste n’est rien quand l’amour peut l’impossible.
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© Yannig WaTeL 27 juillet 2015
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Féerique fleuraison

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"Et l’innocence en paix dort au bord de la vie"  Albert Samain

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Derrière elle laissant fards et raffinement,
Fraîche infiniment et claire comme l’eau pure :
Sur la paix du jardin (sur toute la Nature)
La nuit enfin descend, tombe divinement !
Sur la paix du chemin, dans l’ombre, d’arbre en arbre :
Grand pavois, la Lune au frontispice du ciel
Étale ses tons chauds d’ambre, d’or et de miel
Et couche des reflets sur le perron de marbre
Voici l’heure blonde où : pâle, décru, soumis,
Le Soleil s’alanguit, meurt d’extase, se pâme ;
Et c’est assez pour croire un peu qu’au bord de l’âme
Tout doucement, vient le lent silence promis !
Portes et fenêtres puis persiennes fermées,
On n’entend plus dès lors, que le tictacquement
(Imitant d’un cœur le tranquille battement)
De l’horloge, mêlé aux calmes voix aimées
Étoilée, à grands pas vient la nuit ! La maison
– Quiète obscurément du repos qui commence –
S’apprête aux rêves bleus que l’esprit ensemence :
Rêves d’innocente et féerique fleuraison.
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© Yannig WaTeL 04 juillet 2015
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Un destin qui ne serait pas aveugle

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-♕-
Vous ai-je dit souvent, la fatalité d’être
Au spectre d’une femme intimement lié,
Ne voyant plus qu’en rêve un amour oublié ;
L’espérant voir un jour, de plus belle renaître ?
Sort étrange, aujourd’hui je le sens vivre enfin !
Venue ressusciter ma naïve espérance :
À l’oreille, tout bas, ma muse de romance
M’a promis la Lune et… Des nuits tramées d’or fin !
Dans tout, dès lors, je vois traits de feu et lumières
– En mille aspects divers passant de l’âme aux yeux –
Faire action suprême au plus ardent de mes vœux,
De rendre à ma vie ses délices coutumières.
-♕-
© Yannig WaTeL 22 juin 2015
-♕-
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Guinguette de la Marine

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Nous chantons, tous les soirs (unissant nos clameurs)
Pour faire guincher les amoureux en goguette,
Dans les joyeux flonflons d’une simple guinguette
Où fringants matelots (les bras chargés de fleurs)
Sollicitent gaiement de jolies jouvencelles
Aux yeux pleins de candeur autant que d’étincelles
Et sitôt que tournoient en riant les danseurs,
Nous n’avons (comme dans tous les bals de la Terre)
Autour de nous ni pleurs, ni souffrance, ni guerre :
Mélanges de parfums, d’haleines, de sueurs
Et sons d’accordéon (c’est chose quotidienne)
Jusqu’aux aurores, vont. Et qu’à cela ne tienne !
Bons vivants, gais lurons, joyeux drilles, noceurs
– Ayant bu l’amour et la vie jusqu’à l’ivresse –
Se joignent tous les soirs (soirs de vive allégresse)
En d’aimables façons, au cortège des cœurs.
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© Yannig WaTeL 14 juin 2015
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Crépuscules

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crédit image : juliendouvier.tumblr.com

– ≡ –
Je t’écris, appuyé à la vitre d’un train
Qui me conduit bien loin, vers une autre existence :
Repos, paix solitaire et silence d’airain
M’attendent au bout du voyage qui commence !
Dans le clair-obscur du crépuscule installé,
J’imagine (à l’heure où tu lis ces quelques lignes)
Ta mine, pensive du bonheur en allé,
Agréant l’abandon auquel tu te résignes
Et je devine, sur tes lèvres les « pourquoi ? »
Mais… Après sept ans de loyauté assidue,
J’aurais fait de même avec une autre que toi !
Puis, d’aucuns te diront que c’est chose entendue :
Les jours de délices viennent, puis s’en vont ;
C’est la Vie qui le veut, vénérable et sacrée !
Des couples se refont quand d’autres se défont ;
Tout se transforme, rien ne meurt ni ne se crée !
Ainsi s’en va l’Amour… À peine a-t-il cessé
Que déjà l’oubli vient ! L’heureuse agonie sonne,
Pourquoi donc des regrets ? Car si je fus blessé :
Mon cœur, comme le tien, se console et pardonne !
Adieu, mon ange, adieu ! Surtout, garde la foi ;
Ne laisse pas le froid s’infuser dans ton âme !
Concernant tout ce qui t’attache encore à moi :
Fais-en donc, pour la peine, une vivace flamme.
– ≡ –
© Yannig WaTeL  06 juin 2015
– ≡ –
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Loin de tout

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Tenu à l’écart, loin des bruits gais de la plage,
Sous le regard doux que me fait le ciel du soir :
Dès le jour ennuyeux fini, je viens m’asseoir
Sur un banc familier dominant le rivage
Comme saisi de fièvre, mon cœur mis à nu
S’y brûle d’ardeur froide et de mélancolie,
Parce qu’il se souvient (quand ma mémoire oublie)
Du seul grand amour que dans ma vie j’ai connu
Là, pas de visage dessiné sur le sable
(Ni même son prénom) à-demi effacé ;
Pas plus que de serment à la hâte tracé !
La sachant lointaine, perdue, insaisissable…
La chose est entendue, pourtant, que nous avions
En lieu et en place d’un exil volontaire :
Tant de promesses à tenir et tant à faire !
Fut-il admis que, nous mal-aimant, nous rêvions ?
Inguérissable ennui, regrets et pénitence
– Dès lors qu’elle a jeté aux vents mes illusions –
Entraînent dans leur cours mes très chères visions :
Ainsi, depuis douze ans, coule mon existence.
ℑìℑì
© Yannig WaTeL  30 mai 2015
ℑìℑì

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De suprêmes adieux

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Elle est là, qui sommeille (ou fait-elle semblant) ;
Toute rose encore de nos amours fidèles !
Emmitouflé d’ombres, œil brillant, cœur tremblant :
Je lui cause, en baisant mille fois ses mains frêles
« Adieu, mon ange, adieu ! Le désir m’est venu
De partir pour toujours (et vivre en solitaire)
Vers un monde nouveau, un rivage inconnu ;
L’attente a trop duré, je brûlais de le faire
Cependant qu’avec toi les temps m’ont semblé beaux,
Je ne puis être heureux (tout comme l’hirondelle)
Qu’en suivant le zéphyr, qu’en planant sur les eaux ;
Car voilà mon sort, la mer immense m’appelle !
Quant à nos souvenirs… Fais-les donc s’envoler,
Mais laisse-moi sentir, avant que je m’en aille :
Une suprême fois, nos lèvres se frôler ! »
De l’aimer j’ai quitté l’idée, vaille que vaille.
© Yannig WaTeL  21 mai 2015
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Dandysme

820054ℑ∫.
Ô douceur de sentir, à l’abri des averses
Quand la pluie, lourde, tombe et se cogne au trottoir :
Le plaisir, qu’on goûte aux boissons un brin perverses,
Par des jeunes femmes servies ; bues au comptoir !
Sans que, de plus rien nos âmes soient assoiffées
Qu’hydromel, absinthe, vieux bourbon et brandy :
Se perdre au fabuleux pays des vertes fées ;
Ô bonheur suprême, vivre en parfait dandy !
Prendre un cœur solitaire et s’en faire un trophée,
Le parer de langueur ; et jusqu’au jour éclos :
Enlacer d’autres bras que les bras de Morphée !
Ainsi, des nuits durant, nous chauffons nos vieux os.
ℑ∫.
© Yannig WaTeL  13 mai 2015
ℑ∫.

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Soliloque

4701102༺༻
« S‘il n’en reste qu’une, tu seras celle-là
Et mon cœur pur, toujours, t’aimera sans partage ! »
Huit ans sont passés mais, chaque jour davantage :
Je me surprends même à croire encore à cela !
Je laisse parler (en rêve) ma voix confuse ;
De cesse n’ayant plus que, de soliloquer :
Mon orgueil lance un « tu as failli me manquer ! »
– Symbole d’un retour que la Vie me refuse –
Je lui raconte tout ce qui fait mon malheur :
Huit années d’attentes, puis de mélancolie
Et d’amour très grand puis, d’espérance abolie,
Rancunes et pardons, sédation et douleur
Je ne m’excuse pas, contre toute apparence,
– En faisant mine de bichonner ses cheveux –
Mais, lui fais (sans témoins) d’intrépides aveux :
« Si tu savais comment j’ai souffert ton absence
Mais, que souffrir n’est rien quand je songe combien
Gagneraient en éclat nos âmes affaiblies,
(Quoique tu ne m’aimes plus, quoique tu m’oublies)
Si ton cœur, à nouveau, battait contre le mien. »
༺༻
© Yannig WaTeL  03 mai 2015
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